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Butembo : une dette de plus de 13 000 USD pour l’inhumation des victimes anti-MONUSCO toujours impayée

Près de 4 ans après la mort des victimes des manifestations anti-MONUSCO en ville de Butembo, une somme de plus de 13 000 dollars américains reste à rembourser. Cette dette est celle des habits et cercueils pris de force par les manifestants dans des maisons de vente pour inhumer les victimes dans la dignité. Cette révélation a été faite lors d’un point de presse organisée, ce vendredi 1er mai à Butembo, par l’Union des victimes des marches anti-MONUSCO. Cette structure appelle à l’implication des provinciales et locales pour obtenir le paiement de cet argent.

L’Union des victimes des marches anti-MONUSCO, via son porte-parole Jérôme Malule Kasereka, a, d’emblée, exprimé son regret face à cette situation. Elle signale que les détenteurs des entreprises de pompes funèbres et des magasins ne cessent de recouvrer les créances auprès des familles. Les 9 cercueils non payés sont estimés à 3 600 dollars, soit 400 dollars par cercueil. Les habits pris dans un magasin sont évalués à 10 210 dollars américains. Il s’agit de 47 pièces pour hommes et 18 pièces pour dames prises de force par les manifestants. Un total de 13 810 dollars américains est la somme à payer. Faute de moyens, les victimes s’en remettent aux bonnes volontés.

​ « Pour neuf cercueils, à raison de 400 dollars chacun, vous obtenez un montant de 3 600 dollars américains. Quant aux habits qui ont été volés, il s’agit d’un montant de 10 210 dollars américains qui doivent être remboursés, ou restitués aux propriétaires afin qu’ils puissent poursuivre leurs activités commerciales. Devant de tels montants, imaginez la situation des opérateurs économiques : ils souffrent énormément. Cela nous met mal à l’aise et, nous, les familles, sommes automatiquement les victimes de toute cette situation », a- t-il déploré.

Au même moment, Jérôme Malule pense qu’il serait souhaitable que les autorités, tant locales que provinciales, viennent en aide aux familles des victimes. Ce, en leur allégeant le paiement de cette somme. Il signale néanmoins qu’un fonds aurait été alloué à cette question par le gouvernement provincial par le passé, mais il regrette qu’il ne soit pas arrivé.
« C’est à l’autorité urbaine d’acheter ces cercueils. Nous avons déjà adressé une correspondance à Son Excellence Monsieur le Gouverneur de province pour lui rappeler que le montant qui, selon certaines informations, avait été alloué pour payer ces cercueils, n’est jamais arrivé à destination. Il en est de même pour les habits. C’est pourquoi nous formulons cette revendication. Nous apprenons par ailleurs que le propriétaire des cercueils s’est rendu auprès du maire de la ville pour réclamer son paiement, en proposant un montant de 20 dollars par cercueil »,
ajoute Jérôme.  

Le 26 juillet 2022 fut sombre en ville de Butembo. Ce jour-là, 13 personnes tombent sous les balles des Casques bleus. Dans la base de la MONUSCO, 3 soldats onusiens avaient également perdu la vie au cours de ces manifestations populaires. Des échauffourées avaient débuté au stade André Van Nevel, où un culte œcuménique organisé par la coordination urbaine de la société civile avait tourné en protestation exigeant le départ de la  MONUSCO de Butembo. Les manifestants s’étaient dirigés vers la base de cette mission onusienne, où des coups de feu avaient retenti presque toute la journée. Les victimes, manifestants anti-MONUSCO, ont été inhumées au cimetière de Kitatumba le 31 juillet 2022.

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