
La Confédération Africaine de Football (CAF) a sanctionné le Sénégal par un forfait de 3-0 lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025) face au Maroc. Cela s’accompagne d’une remise du trophée au Maroc. Cette décision fait suite au comportement des joueurs sénégalais, sortis du terrain après une décision arbitrale. L’analyste sportif Rollin Kaveho pense qu’il y aurait un problème d’interprétation des articles 82 et 84 de la CAF et propose au Sénégal l’interjection d’un appel auprès du Tribunal arbitral du sport en Suisse.
La Confédération Africaine de Football a, dans son communiqué, indiqué que les Lions de la Teranga sont sortis du terrain avant le coup de sifflet final, transgressant ainsi les articles 82 et 84 de son règlement.
L’analyste Rollin Kaveho indique ne pas comprendre ce rebondissement de la CAF sur une finale déjà jouée et un trophée déjà remis à une nation. Habituellement, à l’en croire, une équipe perd un match suite à des problèmes d’irrégularités administratives, ou lorsque les joueurs abandonnent le match. Il pense que la raison avancée par la CAF serait compréhensible si les joueurs sortis du stade n’avaient pas repris conscience en revenant après une mobilisation de Sadio Mané.
« Le Sénégal, c’est vrai, a quitté le stade sur une décision arbitrale. Une décision qui était due aux émotions de toutes les façons, parce que la décision arbitrale n’était pas mauvaise. Le problème, ce sont les fanatiques, les sentiments et les autres. Le problème, c’est au niveau où les joueurs quittent le terrain, mais ils reviennent encore sur le terrain. Donc ils ont pris conscience qu’ils allaient commettre une grave erreur. Pourquoi les sanctionner sur une coupe qui est déjà passée ? Pourquoi revenir là-dessus ? Moi, je pense qu’on pouvait les sanctionner d’une autre manière, parce qu’il y a plusieurs sanctions, il y a des suspensions. La décision de la CAF étonne tout le monde. En tout cas, on ne se retrouve pas. Mais les articles sont clairs, ceux qu’ils disent, 82, 83, 84 : l’équipe qui quitte le terrain. Mais l’équipe est revenue au terrain », rappelle-t-il.
Au même moment, l’analyste Rollin Kaveho pense que la CAF pourrait sanctionner le Sénégal autrement, par exemple en le suspendant des prochaines éditions de la CAN. Il estime que le Sénégal devrait par ailleurs saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) siégeant en Suisse pour interjeter appel face à cette décision de la CAF.
Rollin n’écarte pas l’hypothèse de la remise de cette Coupe d’Afrique par le Sénégal en cas de non-présentation des preuves nécessaires.
« Il y a le tribunal arbitral, le Tribunal du Sport. En fait, la FIFA est au-dessus des fédérations africaines. Donc la FIFA peut intervenir dans une affaire d’une fédération qui a violé les droits d’une nation, ou des clubs, et ainsi de suite. Moi, je sais que le Sénégal a encore le droit d’aller en appel au Tribunal Arbitral du Sport. Attendons l’issue. Mais vous savez que quand on parle déjà de justice, ça va très lent. Vous verrez même, ça va faire même six mois, huit mois, on n’a pas encore sorti la décision et on laisse les gens dans ce vide-là. La seule façon d’abord d’intervenir pour le Sénégal, c’est l’appel. Le Sénégal ne peut pas refuser de remettre la coupe, le Sénégal ne peut pas s’opposer à n’importe quelle décision, que d’aller en justice contre cette décision », indique-t-il.

Il y a deux mois, lors du deuxième sacre des Lions de la Téranga du Sénégal contre le Maroc (1-0 après prolongations), tout semblait scellé. Le gouvernement sénégalais et sa Fédération Sénégalaise de Football promettent d’épuiser tous les recours possibles pour faire valoir leurs droits, et réclament l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour des soupçons de corruption au sein de l’instance du football africain, la CAF.
Glodi Mirembe
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