
Plus de 620 incidents humanitaires ont été enregistrés en République démocratique du Congo en 2025. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), dresse un bilan alarmant de l’accès humanitaire en RDC, dont 48 cas recensés rien qu’en décembre dans l’Est du Pays.
En régions de Beni par exemple, des attaques contre les convois humanitaires sont fréquemment enregistrées, notamment par des jeunes en colère qui avaient incendié un véhicule transportant de l’aide humanitaire en direction d’Eringiti, localité située à 58 Km au nord de la ville de Beni.
Routes coupées, présence de groupes armés, résistance à l’aide humanitaire,… le travail des humanitaires est devenu très risqué. Commentant ce rapport de OCHA, Richard Kirimba, point focal du Forum humanitaire en zone de santé d’Oicha prévient sur les conséquences de cette situation qui mette en péril la survie des personnes se trouvant dans le besoin.
Les conséquences lorsqu’on empêche le déploiement d’une assistance humanitaire sont énormes, surtout par le fait que les personnes se trouvant quelque part dans les besoins risquent de ne pas être assistées ou de ne pas être bien assistées s’il y a déjà qui s’interposent entre l’aide humanitaire et les personnes affectées par les crises. Donc, si des incidents du genre justice populaire, du genre s’attaquer à l’aide humanitaire continuent, vous comprenez que les humanitaires risquent à un moment donné de ne pas intervenir. Ne pas intervenir pas parce qu’ils veulent ou pas pour punir les populations dans les besoins, mais ne pas intervenir parce qu’ils n’ont pas accès à la zone », met-il en garde.
Par ailleurs, l’acteur humanitaire rappelle qu’il existe un cadre juridique international et national applicable à l’action humanitaire.
« Et les humanitaires n’interviennent pas pour intervenir, il y a un cadre juridique qui permet ce déploiement humanitaire, des traités internationaux, le droit international humanitaire, et même pour ce qui concerne la RDC, la Constitution de la République elle-même. Donc plusieurs textes qui justifient l’intervention humanitaire lorsqu’il y a des besoins qui sont remontés. Il faut noter aussi que si les groupes citoyens ou les acteurs de la société civile avaient des moyens pour assister des personnes dans les besoins, les organisations humanitaires ne seraient pas sollicitées pour ça », ajoute Richard Kirimba.
Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) parmi les 48 incidents recensés en décembre 2025 dans l’Est de la RDC, la moitié s’est déroulée au Sud-Kivu. Toutefois, précise cette agence de l’ONU, malgré le pic de décembre au Sud-Kivu, c’est bien le Nord-Kivu qui reste la province la plus touchée avec 46% d’incidents en 2025.
Jackson Sivulyamwenge
Partager:



