Butembo : lancement Officiel de l’opération d’identification biométrique pour les ex-combattants

Après plus d’une année d’attente, les ex-combattants de Butembo participent enfin à l’opération d’identification biométrique lancée ce lundi 28 avril par le Programme de Désarmement, Démobilisation et Relèvement Communautaire (P-DDRC).
Dix grandes tentes marquées du logo des Nations Unies occupent une vaste esplanade au centre-ville. Sous ces abris, plus de 200 ex-combattants, parmi eux plusieurs femmes et de nombreux jeunes, sont enregistrés et reçoivent leur carte officielle de démobilisation, première étape d’un processus de réinsertion.
La cérémonie de lancement s’est tenue à la Mairie de Butembo, en présence des responsables du P-DDRC. Chaque bénéficiaire passe par une identification biométrique avant d’obtenir sa carte, a précisé la Coordonnatrice nationale adjointe en charge des questions techniques et opérationnelles du programme.
« Moi, ce que je pourrais dire, c’est que chacun d’entre nous a une part à jouer pour la paix. Si vous vous sentez assez fort pour être patriote et défendre le territoire, nous vous disons merci, car nous avons besoin de tout le monde. Mais si vous estimez que vous êtes plus fait pour exercer des métiers valorisants, comme la menuiserie, la briquetterie ou la mécanique, vous faites également partie de ceux qui peuvent contribuer à la paix. Donc, tout ce que je peux vous dire, c’est que chacun d’entre nous ici, et même vous-même, a un rôle à jouer pour la paix ».
Sur place, l’ambiance est marquée par la discipline. Les ex-combattants attendent patiemment leur tour dans les files organisées. Certains, notamment issus de l’UPLC, ont partagé leur soulagement de voir le processus avancer après de longs mois d’incertitude.
« Le retard des projets, c’est-à-dire des étapes du processus du P-DDRC, c’est-à-dire de la démobilisation continue. Beaucoup retournent dans la brousse, et beaucoup sont même morts en cherchant à s’aider par des moyens illégaux. Beaucoup sont enfermés dans des prisons, et nous souffrons énormément, car nous vivions dans des conditions très difficiles en brousse. Et maintenant, nous n’avons même pas de moyens pour vivre avec nos familles ».
Le retard de cette opération avait fragilisé la situation de ces anciens combattants : sans carte d’identité, plusieurs étaient victimes de préjugés au sein de la communauté et faisaient l’objet de soupçons de la part des services de sécurité. Après l’étape de Butembo, l’opération d’identification se poursuivra à Lubero et en chefferie de Bashu.
Georges Kisando Sokomeka
Partager:



