Dialogue direct avec le M23 sous Joao Lourenço : le risque du chevauchement d’efforts diplomatiques

L’initiative du président angolais João Lourenço pour des négociations directes entre le pouvoir de Kinshasa et les rebelles de l’AFC/M23 est une avancée vers la solution à la crise sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Néanmoins, l’analyste politique Frédéric Amani, consultant en relations internationales, redoute un chevauchement avec d’autres efforts diplomatiques en cours.
« D’abord, il faut préciser que c’est sur demande de la RDC que l’Angola va mener ces démarches-là », aborde Frédéric Amani, chercheur associé en faculté de sciences politiques de l’Université de Lubumbashi et également consultant en relations internationales. Mais, l’analyste ne cache pas sa crainte : le chevauchement de plusieurs démarches diplomatiques en cours.
En février dernier, le sommet conjoint EAC-SADC avait désigné trois personnalités comme médiateurs dans cette crise : l’ancien président du Kenya, Uhuru Kenyatta, l’ex-président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, et l’ex-Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn. Ils sont chargés de piloter les processus fusionnés de Luanda et Nairobi visant à restaurer la stabilité dans l’Est de la RDC. Parallèlement, les églises catholiques et protestantes, à travers la CENCO et l’ECC, mènent également des consultations politiques.
« La crainte, c’est qu’on puisse assister à un chevauchement des efforts, dans la mesure où l’Angola peut mener des tractations pour les négociations avec le M23, alors que les trois personnalités désignées vont aussi mener des démarches entre le M23 et le gouvernement de la RDC. Il y a aussi la CENCO et l’ECC qui mènent des initiatives dans le cadre du pacte social pour la paix. Alors, il faut craindre ce chevauchement », explique Frédéric.
Depuis le début de la crise, Kinshasa a toujours refusé toute négociation directe avec les rebelles M23, les qualifiant de pantins du Rwanda. Mais, à travers la porte-parole de la présidence Tina Salama, le pouvoir de Kinshasa a dit prendre acte de l’annonce faite par l’Angola.
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