Nord-Kivu : la loi sur la RADE et les VDP-Wazalendo a accentué les recrutements d’enfants dans les groupes armés (Reagan Bangaghe)
La loi instituant la réserve armée pour de la défense et l’autorisation tacite du port d’arme par les wazalendo a accentué le recrutement des enfants dans les groupes armées en province du Nord-Kivu. Cette observation est de monsieur Raegan Bangaghe défenseur des droits de l’enfant et ancien président du parlement d’enfant Butembo-Lubero.
Interrogé ce mercredi 12 Février 2025 en marge de la célébration de la journée internationale contre l’utilisation d’enfants soldats, Reagan Bangaghe recommande aux enfants de ne pas se laisser manipuler par les porteurs d’armes. Aux autorités étatiques, cet ancien président du parlement d’enfant Butembo-Lubero suggère de bien règlementer le recrutement de ces groupes pour éviter l’intégration des enfants dans ces groupes armés. Aux responsables des groupes wazalendo utilisant des enfants, il les invites tout simplement à les libérer.
« Les faits se sont encore aggravés avec l’avènement de la loi sur les wazalendo, une loi qui a autorisé effectivement le port d’armes par les groupes d’armées qui existaient déjà et malheureusement lesquels groupes qui ont profité de ça comme occasion à faire des recrutements massifs. Malheureusement c’est par ces canaux que nombreux enfants ont été recrutés dans ce groupe des wazalendo et cela a constitué un élément qui a favorisé à ce que le nombre puisse largement augmenter ou le nombre puisse gonfler de ces enfants parce que c’est un crime contre l’humanité. Nous adressons d’abord un message aux enfants, c’est de les appeler à avoir une attitude patriotique. L’attitude patriotique ce n’est pas pour un enfant de prendre les armes et aller dans la brousse, c’est plutôt effectuer ses devoirs en famille et à l’école. Aux les autorités, à prendre leurs responsabilités. Pour ce qui est du groupe wazalendo par exemple, de régulariser ces mécanismes de défense de manière à ce que les jeunes enfants ne puissent pas intégrer ces groupes d’armées parce que ça va se retourner contre notre pays si on ne fait pas attention dans ce sens-là. Aux responsables des groupes wazalendo, nous les appelons, bien sûr ils sont en train de combattre pour le pays mais qu’ils doivent libérer les enfants car la place des enfants n’est pas dans ces groupes armés, c’est plutôt dans la famille, c’est plutôt à l’école » explique Reagen Bangaghe.
Le 12 février marque la Journée internationale des enfants soldats et célèbre l’anniversaire du Protocole facultatif à la convention des droits de l’enfant relatif à l’implication des enfants dans les conflits armés (adopté en 2000 par les Nations unies et entré en vigueur en 2002). Ce protocole interdit l’utilisation et l’enrôlement obligatoire des moins de 18 ans.
Ismaël Kabuyaya
Partager:



