
Face à la résistance contre la riposte à la maladie à virus Ebola en ville de Butembo, la société civile santé du Grand Nord-Kivu appelle à l’engagement communautaire pour lutter contre sa propagation. Cet appel a été lancé ce jeudi 6 août 2026, au cours d’une interview accordée à la presse.
À en croire Arsène Vahwere, président de la société civile santé pour les zones de santé de Butembo et Katwa, et point focal au Grand Nord-Kivu, la résistance face aux équipes de riposte ne fait qu’amplifier le risque de contamination. Il alerte sur une flambée des cas positifs dans les zones de santé de Butembo et de Lubero.
Cette situation s’observe surtout dans la partie est de Butembo, précisément à Kyaghala, où des jeunes ne cessent d’afficher une résistance farouche contre les agents de la riposte. Pire encore, ils s’adonnent à la manipulation des corps de personnes mortes de cette épidémie, sans aucune tenue de protection.
Notre source craint que cette situation ne mène à une explosion des cas positifs à Ebola en ville de Butembo et ses environs, entraînant des décès en cascade. De plus, il déplore les attaques menées contre les équipes de riposte, dont les véhicules sont caillassés par des habitants en colère.
« Ce que nous devons faire tous jeunes, adultes, femmes, hommes , nous devons adhérer à la politique sanitaire vis-à-vis de la réduction de la maladie à virus Ebola. Par exemple, on nous dit qu’il y a des précautions standards : il faut se laver les mains, il ne faut pas toucher le malade, il ne faut pas toucher l’environnement du malade, ne mangez pas la nourriture que le malade a consommée. Par rapport aux prestataires de soins, ou bien s’il y a un malade qui tousse, il faut quand même respecter la distanciation, réserver ne serait-ce qu’un mètre ou bien ne pas être avec lui face à face. Donc, on peut quand même prendre une autre position ».
Rappelons qu’il y a près de deux semaines, certains habitants ont ouvert un sac mortuaire et manipulé le corps d’un jeune homme mort d’Ebola à Kyaghala. L’Association des chauffeurs, manutentionnaires et propriétaires de bennes (ACMPROBENNE) avait d’ailleurs sanctionné cinq de ses membres identifiés parmi les manipulateurs de cette dépouille.
« Beaucoup de gens vont mourir parce que les acteurs de santé n’agissent pas. Ceux qui travaillent, par exemple, dans la prévention et le contrôle des infections, ils se soucient d’aller décontaminer les ménages là où il y a des cas positifs, mais on ne le fait pas. Parce qu’une fois qu’on arrive dans un quartier quelque part, on est pourchassé comme si on allait faire quelque chose de mal. Des destructions aussi, on les observe par-ci par-là : par exemple, vous venez en véhicule, on vous jette des cailloux, tout ça est détruit… Et puis, on est en train de dire aux prestataires qui essaient d’intervenir dans ces activités ou bien qui accueillent les malades, on dit : « On va brûler ton hôpital », tout ça. Et puis, je ne sais pas, qu’est-ce que nous gagnons quand nous résistons comme ça ? Nous ne faisons que perdre… »
Rappelons qu’il y a près de deux semaines, certains habitants ont ouvert un sac mortuaire et manipulé le corps d’un jeune homme mort d’Ebola à Kyaghala. L’Association des chauffeurs, manutentionnaires et propriétaires de bennes (ACMPROBENNE) avait d’ailleurs sanctionné cinq de ses membres identifiés parmi les manipulateurs de cette dépouille.
Glodi Mirembe
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