Plusieurs étudiants universitaires subissent des échecs dans différents cours en raison de la procrastination, en cette période marquée par la multiplicité des réseaux sociaux. C’est ce que révèle une recherche en médecine humaine défendue la semaine dernière par l’étudiant Michael Mukasa, diplômé de 4e doctorat à l’Université catholique du Graben (UCG/Butembo). Il propose un bon usage des réseaux sociaux pour éviter les échecs à la faculté.
Dans son travail intitulé « La dépression et la dépendance aux réseaux sociaux, les facteurs associés chez les étudiants de l’UCG », l’impétrant a constaté certains signes liés à l’usage des réseaux sociaux au sein de son échantillon. Il s’agit entre autres de l’impression de ne pas être au courant de l’évolution de l’actualité lorsqu’ils n’ont pas de forfait internet (mégas), ainsi que du manque de sommeil dû au fait de rester connecté en permanence.
Ce qui, par la suite, amène l’étudiant à moins se concentrer sur ses études. Plongé dans les contenus des différents réseaux sociaux en défilant sans cesse (scrollant), il renvoie à plus tard ses tâches académiques qui devraient être réalisées à domicile. Ainsi, les étudiants tombent dans la procrastination, avec toutes les conséquences psychologiques que cela peut entraîner.
« Il y a ce qu’on appelle le phénomène de Fear of Missing Out (FOMO). C’est-à-dire que beaucoup d’étudiants ne sont pas tranquilles quand ils n’ont pas de mégas (forfait internet). Ils ont toujours l’impression que quelque chose est en train de se passer et qu’ils sont en train de rater quelque chose. C’est ce qui les pousse à chercher à se connecter à tout prix, ce qui est déjà l’un des signes de dépendance, parce qu’ils n’ont plus le contrôle sur ce comportement-là. Comme conséquences, il y a un impact direct sur le sommeil. Beaucoup d’étudiants qui passent beaucoup de temps au téléphone ne trouvent pas le temps de dormir, ce qui peut se répercuter sur leur parcours académique. Également parmi les conséquences, il y a le fait qu’ils se concentrent moins sur les études parce qu’ils sont plus exposés aux réseaux sociaux et ils ne pensent qu’à ça. De plus, il y a des contenus qui sont négatifs sur les réseaux et qui sont susceptibles d’atteindre leur psychologie ».
Face à ce constat, le futur médecin propose l’organisation de séminaires orientés vers les étudiants des universités de Butembo afin d’éviter la procrastination, principale cause de ces échecs. Il préconise également l’organisation d’activités protectrices, à l’instar de matchs de football ou d’autres activités visant à promouvoir les relations interpersonnelles sans téléphone une pratique qui permet de lutter contre la dépendance aux réseaux sociaux.
« Il faut organiser des ateliers qui vont apprendre à utiliser de façon efficace les réseaux, de manière à ne pas tomber dans la dépendance qui peut également entraîner la dépression. Il faut également promouvoir ce qu’on appelle les activités protectrices, telles que les activités sportives ou culturelles, où l’on va passer moins de temps au téléphone et où l’on va plus promouvoir les relations interpersonnelles entre étudiants. Les réseaux ne sont pas négatifs en totalité parce qu’il y a des avantages, tels que la possibilité de travailler sur un même projet à plusieurs ou d’accéder facilement à l’information. Ils ne sont donc pas négatifs en totalité, mais seulement, on dit qu’il faut un bon usage des réseaux. C’est ce qu’on recherche pour éviter de tomber dans la dépendance ».
Pour rappel, la procrastination est cette tendance à remettre systématiquement au lendemain ou à plus tard ce qu’on pourrait ou devrait faire immédiatement. Ce comportement d’évitement amène à remplacer une tâche importante par une activité inutile ou moins prioritaire.
Glodi Mirembe
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