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UCG/Butembo : 232 cas d’ictère néonatal enregistrés aux Cliniques universitaires du Graben en 5 ans, un étudiant appelle à la sensibilisation des parents

Deux cent trente-deux (232) nouveau-nés ont présenté l’ictère néonatal sur les 638 hospitalisés en pédiatrie des Cliniques universitaires du Graben entre janvier 2021 et décembre 2025. Ces statistiques émanent d’une recherche menée par l’étudiant Kambale Sahani Joel, inscrit en 4e doctorat sortant à l’Université catholique du Graben (UCG/Butembo). Dans son travail, il montre la dangerosité de cette maladie si elle n’est pas vite prise en charge, tout en rappelant qu’elle reste une réalité en ville de Butembo.

L’ictère néonatal, ou encore la jaunisse du nouveau-né, est une coloration jaune de la peau et du blanc des yeux. Il est causé par l’accumulation de bilirubine, un pigment jaune produit par la destruction des globules rouges, que le foie immature du bébé a du mal à éliminer. Cette maladie est appelée « Matori » en langue locale. Elle attaque les enfants âgés de 0 à 28 jours.

Cette maladie peut devenir pathologique lorsqu’elle apparaît dans les premières 24 heures ou si elle dure plus de 5 à 7 jours après la naissance de l’enfant. Dans ce cas, l’enfant doit être impérativement hospitalisé pour éviter de mauvaises surprises. Sinon, l’ictère peut se propager jusqu’au cerveau de l’enfant ou évoluer vers la cirrhose.

« L’ictère nucléaire c’est lorsque cette coloration-là jaune va jusqu’au niveau de ce qu’on appelle les noyaux gris centraux. En termes simples ça veut dire, il y a propagation de cet ictère-là jusqu’au niveau du cerveau. Quand ça se propage jusqu’au niveau du cerveau, ça détruit ces noyaux-là, ces neurones-là. Les cellules du cerveau, on les appelle les neurones. Ici c’est spécifiquement les neurones des noyaux gris centraux. Et quand ça les détruit, c’est très mortel, c’est très dangereux. Donc il faut tout faire pour que l’enfant n’atteigne pas ce stade-là. Mais également, l’autre complication qui est majeure, qui est quand même, elle, rare par rapport à la précédente, c’est cette évolution possible aussi vers ce qu’on appelle cirrhose. Ça c’est surtout pour les ictères à bilirubine conjuguée. Elles évoluent vers une cirrhose et le nouveau-né va développer une cirrhose. Alors que la complication précédente, l’ictère nucléaire, ça concerne les ictères à bilirubine non conjuguée. La bilirubine, donc, c’est la substance qui colore, qui est responsable de cette coloration-là jaune de la peau et des muqueuses ».

Pendant ce temps, ce futur docteur regrette que plusieurs parents ne soient pas suffisamment sensibilisés à cette maladie. Kambale Sahani Joel estime que les femmes allaitantes devraient, en remarquant cette coloration jaune, amener directement l’enfant à l’hôpital pour sa prise en charge. Il invite le personnel soignant à intensifier la sensibilisation sur l’ictère néonatal, pour éviter des cas de décès et des séquelles qui peuvent survenir chez les victimes dans le futur.

« Les parents ont une très grande responsabilité dans cette maladie, parce qu’il suffit que les parents amènent en retard l’enfant à l’hôpital, ça sera déjà trop tard. Parce que c’est une maladie qui évolue. La coloration progresse de la tête vers les pieds, on dit une progression cranio-caudale. Aujourd’hui, ça peut être au niveau de la tête, puis ça va gagner progressivement tout le corps. Et c’est à ce moment-là, c’est là que peut survenir aussi, au cours de cette évolution-là, cette complication-là d’ictère nucléaire qu’il faut toujours, toujours craindre. Au personnel soignant, nous avons donné une recommandation qui est particulière et ce sont eux-mêmes qui vont comprendre ça. D’abord sensibiliser les parents pour consulter tôt, amener les enfants tôt à l’hôpital. Mais également, il y a ce qu’on appelle la classification de Kramer. Ça permet d’appréhender l’évolution de cette coloration-là, jaune, pour éviter l’atteinte du système nerveux. Maintenant, quand on fait cette classification-là, il y a cinq stades, ça permet déjà de voir à quel stade est [l’enfant] et de prévenir cette complication-là, l’évolution vers les formes graves ».

Notons que si les capacités intellectuelles globales sont parfois préservées, l’enfant peut néanmoins faire face à un retard de développement psychomoteur, des troubles du langage ou des difficultés d’apprentissage significatives à l’âge scolaire.

Glodi Mirembe

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