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Butembo : les familles des victimes des marches anti-MONUSCO dénoncent l’absence de réparation quatre ans après

Quatre ans après la répression sanglante des manifestations anti-MONUSCO à Butembo, en 2022, les familles des victimes et les survivants n’ont toujours pas été rétablis dans leurs droits. Cette inquiétude a été réitérée ce lundi 27 juillet 2026, à l’occasion des activités commémoratives organisées en leur mémoire.

Les activités ont débuté par une messe célébrée à la cathédrale Mater Ecclesiae de Butembo. Au cours de cette célébration, l’abbé Éric Visya, dans son homélie, a invité les fidèles à méditer sur la Parole de Dieu inspirée de l’Évangile selon saint Matthieu (5, 3-8), consacré aux Béatitudes du Seigneur. Il a exhorté les chrétiens à garder l’espérance malgré les épreuves et à devenir des artisans de la paix et de la justice.

Les participants, vêtus de T-shirts et de gilets et portant des calicots arborant les mentions « Union des victimes des marches anti-MONUSCO » et « Non à la MONUSCO en ville de Butembo », sont ensuite venus rendre hommage aux disparus tout en réclamant que justice soit enfin rendue.

Prenant la parole après la messe, Géromé Malule, porte-parole de l’Union des victimes des marches anti-MONUSCO de la ville de Butembo, est revenu sur les événements tragiques de cette journée qui a coûté la vie à douze personnes. Il a déploré qu’aucune avancée judiciaire significative n’ait été enregistrée quatre ans après les faits, alors que les victimes continuent de souffrir.

« En fait, lorsque nous avons fait l’évaluation, nous avons estimé le coût d’un cercueil à au moins 400 dollars. Multiplié par neuf, cela représente un montant de 3 600 dollars pour les cercueils. À cela s’ajoutent le coût des vêtements qui ont été utilisés ainsi que les pertes liées aux magasins qui ont été vandalisés. Au total, le montant à payer dépasse actuellement les 10 000 dollars. Nous savons que la MONUSCO est une organisation qui a été appelée par l’État congolais. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement de nous rendre justice. Nous réclamons une réparation. »

Des survivants ainsi que des proches des disparus ont livré des témoignages empreints d’émotion, se souvenant de cette journée tragique comme si elle s’était déroulée hier. Ils affirment qu’ils poursuivront leur combat jusqu’à ce que justice soit rendue et que les responsabilités soient établies.

« Nous ne pouvons pas ignorer ce qui s’est passé dans la ville de Butembo, car il y a eu des pertes en vies humaines. C’est l’occasion de rappeler au gouvernement qu’il doit prendre en main la sécurité de la population. »

« Nous sommes venus commémorer la mémoire de nos frères décédés il y a quatre ans, lors des manifestations visant à exiger le départ de la MONUSCO de la ville de Butembo. Après cette messe, nous nous dirigeons vers le cimetière pour y déposer des gerbes de fleurs. Nous réclamons que justice soit rendue à nos frères. »

« Mon message au gouvernement est le suivant : nous n’autorisons plus jamais le retour de la MONUSCO chez nous. Elle a tué nos frères, et il est difficile de lui pardonner. »

« Nous ne voulons plus de la MONUSCO. Comme elle a quitté Butembo, nous demandons qu’elle quitte également tout l’est du pays. »

À l’issue de la célébration eucharistique, les participants se sont rendus au cimetière de Kitatumba, situé dans la commune de Vulamba, où reposent les douze compatriotes tués lors des manifestations anti-MONUSCO. Une cérémonie de recueillement, marquée par le dépôt de gerbes de fleurs et des prières, y a été organisée en mémoire des victimes.

Selon le chef des travaux Kule T’hata doctorant en faculté de droit à l’UCG interviewé en 2022 par La Voix de l’UCG,  la MONUSCO n’a aucun statut juridique lui permettant d’ester en justice en RDC. Elle est simplement une mission de l’Organisation des Nations Unies. De ce fait, pour ouvrir une action judicaire contre elle, la procédure à suivre est de traduire le secrétaire générale de l’ONU en justice.      

Au mois de juillet 2022, une campagne dite anti-Monusco avait été lancée par les mouvements citoyens et groupes de pression du Nord-Kivu indignés du bilan de la MONUSCO après 20ans de travail en RDC. Des manifestations couplées aux pillages, mort d’hommes avaient explosés dans plusieurs villes dans la partie est du pays.  Au Nord-Kivu, par exemple, 32 civils et 4 casques bleus sont morts en plus d’une centaine des blessés et des maisons abritant les agents de l’ONU vandalisées rapportaient le bilan officiel consulté par l’AFP.

Julienne Muhima

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