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RDC-Dialogue national : Stewart Muhindo plaide pour un processus inclusif face au scepticisme de l’AFC/M23

Le dialogue accepté par le régime en place en République démocratique du Congo risquerait de ne pas déboucher sur des solutions durables aux maux du pays, mais plutôt, de ralentir simplement le projet du changement de la constitution porté par le président Félix Tshisekedi, celle de changer la Constitution. Il pourra aussi ralentir tant soit peu de l’occupation d’une partie du territoire par l’AFC/M23. C’est ce que pense Stewart Muhindo, chercheur au Centre de recherche sur l’environnement, la démocratie et les droits de l’homme (CREDDHO), ce mardi 21 juillet 2026, au cours d’un entretien accordé à La Voix de l’UCG.

L’analyste indique tout d’abord que l’acceptation du dialogue au stade actuel constitue un pas dans la bonne direction, au vu de l’impasse tant militaire que diplomatique observée malgré toutes les initiatives qui n’ont pas réussi à mettre fin à la guerre dans l’Est de la RDC. Stewart Muhindo craint toutefois que, durant ce dialogue, seules les questions liées au changement de la Constitution et à l’occupation par le M23 soient priorisées, au détriment de la guerre contre les ADF, de la lutte contre l’impunité et de la corruption.

« Si on écarte le M23, c’est difficile d’espérer que le dialogue donne lieu à son retrait de Goma. Si on écarte tout ce qui leur sert de relais politique, ça va être compliqué d’aboutir aux résultats. Donc je pense que c’est une décision difficile de devoir dialoguer, y compris avec les gens qui vous tuent ou qui conspirent avec un État étranger pour continuer à piller et à tuer les Congolais. Mais c’est le prix à payer pour mettre fin à l’occupation actuellement. Moi, personnellement, j’attends de ce dialogue qu’il mette fin à l’occupation de notre territoire par le Rwanda et le M23, mais aussi qu’il mette fin aux velléités de Félix Tshisekedi qui veut notamment changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir ».

Pendant ce temps, Stewart Muhindo espère qu’au final ce dialogue sera inclusif, avec la participation de toutes les parties au conflit dans l’Est du pays. Dans le cas contraire, il estime que le retrait des envahisseurs des zones occupées risquerait d’être compromis. Il souligne que le défi pour le gouvernement de Kinshasa sera de convaincre la rébellion et toute sa chaîne d’intervenants de participer à ces discussions.

« Je pense au moins que le dialogue peut mettre fin à l’occupation de notre territoire par le M23, parce que c’est le plus grand enjeu actuellement. Et je pense aussi que le dialogue peut aussi stopper les ardeurs de Tshisekedi qui veut notamment modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Donc ça, ce sont les deux résultats pour lesquels le dialogue peut vraiment contribuer. Par contre, les questions d’impunité, les questions de lutte contre la corruption, les massacres de Beni par les ADF, ce sont malheureusement des questions qui risquent de ne pas avoir de solutions au sein du dialogue, alors qu’elles sont tout aussi importantes que l’occupation de notre territoire ou les velléités du président de la République de se maintenir au pouvoir en changeant notamment la Constitution ».

Corneille Nangaa coordonnateur de l’alliance fleuve Congo AFC/M23, a rejeté toute perspective de dialogue avec le pouvoir de Kinshasa, estimant que la crise congolaise ne pouvait être résolue par de nouveaux compromis politiques. Dans une vidéo diffusée par ses équipes, le leader de l’AFC a qualifié le pouvoir congolais de « manipulateur et menteur qui ne respecte jamais ses engagements ».

Il écarte ainsi l’option d’un dialogue avec les autorités, au moment où Kinshasa tente de mettre en place un nouveau cadre de discussions nationales avec l’appui des confessions religieuses.

Glodi Mirembe

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