
Le renforcement des troupes des rebelles de l’AFC/M23 dans plusieurs entités du Sud du territoire de Lubero, sous leur emprise, risque de compromettre le processus de paix signé entre les parties au conflit. Cette crainte a été exprimée par le président de la société civile forces vives du territoire de Lubero, ce mercredi 8 juillet 2026, au cours d’un entretien téléphonique accordé à La Voix de l’UCG. La société civile appelle au respect des accords pour la pacification des agglomérations sous contrôle du M23.
D’après Muhindo Tafuteni, président de la société civile forces vives de Lubero, c’est depuis le 27 juin 2026 que les alertes ont été lancées sur le renforcement des troupes rebelles de l’AFC/M23. Les mouvements de renforcement de troupes de cette rébellion ont occasionné une panique au sein des populations de Kitsombiro, Alimbongo, Kateku, Mbingi et Buleusa. Celles-ci ont même fui leur bercail, craignant d’éventuels combats entre les FARDC et l’AFC/M23. La société civile craint que ce renforcement ne fragilise le climat de paix actuel dans le Sud du territoire de Lubero.
« Nous, au niveau de la société civile, on attendait qu’il y ait retrait jusqu’au retour, ou au-delà des retours, pour qu’il y ait cantonnement, comme les accords étaient entendus. Mais nous avons eu la crainte en voyant encore ces gens se concentrer davantage au lieu de reculer et laisser la place à d’autres troupes ou à une force neutre. Malheureusement, on les voit encore se concentrer là-bas. Ça prouve que les accords risqueraient de ne pas être considérés comme on est en train de l’écouter dans les médias, dans d’autres espaces. Nous pensons que ça risque de tout biaiser et de nous ramener encore à la case départ, avec toutes les conséquences du côté de la population ».
Pour cette structure citoyenne, la population attendait le retrait total des rebelles de l’AFC/M23 sans guerre. Pour y arriver, Muhindo Tafuteni estime que les autorités devraient respecter les accords signés avec les responsables de l’AFC/M23, qui, de leur côté, devraient jouer leur partition face aux FARDC.
« Nous demandons que les autorités respectent d’abord les accords déjà signés. Une fois ces accords respectés, la population peut se retrouver, puisque revenir à la guerre, ce n’est pas ce que la population souhaite. Donc, la population voudrait que la paix revienne, sans entendre des bruits de bombes ou de tirs dans la zone, puisque cela laisse tout le monde dans l’inquiétude, avec beaucoup de problèmes. Donc, aux autorités de prendre également au sérieux ces alertes que vous avez lancées ? Nous pensons que cela a été pris au sérieux, mais il n’y a pas eu de problèmes puisque nous attendons que la diplomatie puisse agir avant que les armes ne retentissent encore ».
Notons que dans le récent rapport de l’ONU, il est signalé que sur le plan politique, le mouvement revendiquerait la création d’une « République fédérale du Congo », dont il entendrait constituer et diriger la future armée, plutôt que d’intégrer ses combattants aux FARDC. Un objectif plus limité, d’après le rapport, consisterait en l’établissement d’une région autonome dans l’est du pays.
Glodi Mirembe
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