Nord-Kivu : l’activiste Clovis Mutsuva estime que le gouverneur Evariste Somo n’a plus de prétexte pour rétablir la sécurité

Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Evariste Somo, n’a désormais plus aucun prétexte pour ne pas mettre fin aux exactions des ADF et du M23 dans la province, depuis que le commandement des opérations militaires lui a été officiellement confié. C’est l’avis de l’activiste citoyen Clovis Mutsuva, de la ville de Beni, l’une des voix qui avaient plaidé pour que ce pouvoir soit attribué au troisième gouverneur militaire nommé dans le cadre de l’état de siège au Nord-Kivu.
Cette décision est contenue dans un document officiel du ministère de la Défense nationale et des Anciens Combattants. Elle intervient alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans plusieurs territoires du Nord-Kivu.
Selon cet activiste, la population a, depuis longtemps, démontré sa volonté de soutenir les opérations militaires en cours. Pour lui, le gouverneur, désormais commandant des opérations, bénéficie du soutien de la population et a l’obligation d’obtenir des résultats.
« Désormais, le gouverneur n’a plus de prétexte. Il dirige les opérations, comme le prévoit l’ordonnance relative à l’état de siège. Depuis longtemps, nous soutenions que le gouverneur, qui préside le Conseil provincial de sécurité, devait également avoir le dernier mot sur les opérations militaires. Jusqu’ici, il expliquait qu’il n’en avait pas la responsabilité. Aujourd’hui, c’est le cas. La population n’attend qu’une seule chose : le retour de la paix. Nous accompagnons l’armée et nous attendons des résultats. Nous ne lui accorderons pas un délai de 90 jours ou de trois mois, comme cela se fait souvent pour les responsables politiques. Il connaît déjà la province, les opérations et la guerre. Depuis sa nomination, il est déjà au travail et nous suivons attentivement son action. »
Clovis Mutsuva recommande également au gouvernement central de doter les forces armées des moyens nécessaires afin de garantir le succès de cette mission porteuse d’espoir pour des milliers d’habitants du Nord-Kivu.
« Nous avons toujours demandé au gouvernement de mieux traiter les militaires. S’il y a une catégorie d’agents de l’État qui mérite un bon salaire, ce sont bien les militaires. Ils doivent également disposer des équipements nécessaires pour accomplir leur mission. De leur côté, les militaires doivent préserver la confiance que la population leur accorde. Le gouvernement doit donc assurer une rémunération régulière et fournir le matériel de guerre indispensable. Lors de nos précédents échanges avec le commandement des opérations, il nous avait assuré disposer des équipements nécessaires et être prêt à mener les opérations. Pourtant, à Beni, certains militaires affirment accumuler jusqu’à huit mois d’arriérés de salaire, alors que leurs familles ne vivent même pas sur place. »
Instauré en 2021 afin d’éradiquer les groupes armés locaux et étrangers et de rétablir l’autorité de l’État dans l’est de la RDC, l’état de siège entre aujourd’hui dans sa cinquième année. Selon plusieurs organisations de la société civile, cette mesure n’a pas encore produit les résultats escomptés. Durant cette période, les rebelles des ADF ont étendu leur zone d’influence à des territoires autrefois considérés comme sécurisés, tandis que la rébellion du M23 est réapparue et occupe de vastes portions du Nord-Kivu, y compris le chef-lieu provincial, Goma.
Elisha Kindy
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