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Est de la RDC : les ADF ont semé la terreur en mai, plus de 190 civils tués au cours de 36 attaques ( Baromètre sécuritaire du Kivu)

Au cours du mois de mai, les ADF ont été responsables d’au moins 36 attaques ayant causé la mort de plus de 190 civils. Ces violences, qui ont plus que triplé par rapport au bilan enregistré en avril, se sont concentrées principalement dans les territoires de Beni, Mambasa et Irumu. Ces statistiques sont contenu dans un rapport ont été publiées ce mardi 16 juin  dans un nouveau rapport produit par le Baromètre sécuritaire du Kivu (Kivu Security Tracker – KST) et consulté par La voix de l’UCG à sa publication.  

Selon le ce rapport, dans le territoire de Beni, plusieurs localités ont été frappées par des incursions meurtrières. Le 5 mai, les villages de Beu-Manyama et Mazamba ont enregistré à eux seuls 17 victimes civiles. La situation a atteint un niveau particulièrement alarmant dans la nuit du 30 au 31 mai lorsque les rebelles ont lancé des attaques simultanées à Ngadi, Vemba et Kinyamusieke, causant la mort d’au moins 26 personnes. Cette offensive marque le retour des ADF dans la zone urbaine de Beni, une première depuis 2023.

Le territoire de Mambasa, en Ituri, a également payé un lourd tribut. Les villages de Lalia, Camp Rwenzori, Alima, Makumo et Ntombilo ont été le théâtre de massacres successifs ayant fait plusieurs dizaines de morts. Dans certaines localités, les assaillants ont également incendié des habitations et procédé à des enlèvements.

Dans le territoire voisin d’Irumu, les ADF ont poursuivi leurs incursions contre les populations civiles malgré les opérations conjointes FARDC-UPDF. Plusieurs villages de la chefferie de Walese-Vonkutu ont été attaqués, tandis qu’une tentative d’assaut contre le village de Biane a été repoussée par les forces loyalistes.

Ce rapport poursuit qu’au-delà de la menace ADF, l’Ituri continue de faire face à l’activisme d’autres groupes armés. Les milices de la CODECO et de l’URDPC ont poursuivi leurs exactions contre les civils, notamment dans les territoires de Djugu et Mahagi. Exécutions sommaires, enlèvements et travaux forcés figurent parmi les violations documentées durant le mois.

Par exemple dans le territoire d’Aru, la situation a également été marquée par l’incursion de militaires sud-soudanais de la SSPDF ainsi que par les activités des rebelles du National Salvation Front (NSF), responsables de plusieurs enlèvements et pillages de villages frontaliers.

Malgré le cessez-le-feu unilatéral annoncé mi-mai par la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), la province demeure confrontée à une instabilité chronique alimentée par la multiplication des acteurs armés.

Le rapport a aussi documenté le repositionnement militaire du M23 sur la ligne de front.    Le KST a documenté au moins 45 affrontements impliquant la rébellion durant le mois de mai. Toutefois, aucun changement majeur du contrôle territorial n’a été observé.

Selon ce rapport,  la plus notable concerne le retrait progressif du M23 de plusieurs positions situées dans la plaine de la Ruzizi, entre Sange et Kamanyola. Depuis le 10 mai, les combattants de l’AFC/M23 ont abandonné plusieurs localités pour se redéployer vers des zones jugées stratégiques.

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