Crise dans l’Est de la RDC : une spécialiste des questions politiques et sécuritaire sur la RDC propose un dialogue régional inclusif
Les processus de Doha et de Washington, à eux seuls, ne suffisent pas à garantir la paix dans la partie Est de la République démocratique du Congo, au regard de leur caractère exclusif. En effet, le processus de Doha concerne l’armée congolaise et le M23, sans inclure le gouvernement rwandais. À l’inverse, celui de Washington réunit les gouvernements rwandais et congolais, mais exclut le M23. Ces deux processus laissent également de côté d’autres acteurs pourtant impliqués dans la crise, notamment le Burundi, l’Ouganda et les groupes dits Wazalendo. C’est ce qu’explique la chercheuse néerlandaise Judith Verweijen, professeure à l’Université d’Utrecht, spécialiste des questions sécuritaires et politiques dans l’Est de la RDC.
Pour la chercheuse, malgré certains signaux encourageants sur le terrain notamment le retrait progressif de la rébellion du M23 de certaines entités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que l’engagement de l’armée congolaise à neutraliser les FDLR, considérés comme une rébellion hostile à Kigali il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives ou se réjouir de ces processus dits de paix. Elle estime qu’un dialogue régional, inclusif et impliquant toutes les parties prenantes, est indispensable.
« Nous savons qu’il y a d’autres pays voisins dans la région qui sont impliqués, notamment l’Ouganda et le Burundi, qui ont même des troupes sur le sol congolais. Il faut donc élargir cette question à toute la région des Grands Lacs. Concernant l’accord de Washington entre la RDC et le Rwanda, plusieurs parties prenantes ne sont pas impliquées, notamment les groupes connus sous le nom de Wazalendo. Lors de l’accord inclusif signé à Pretoria, de nombreux groupes Maï-Maï exclus du processus n’ont pas déposé les armes », explique-t-elle.
Outre la question des groupes armés et des acteurs politiques, la chercheuse évoque également les conflits liés à l’identité culturelle au sein des populations, qui ne sont pas suffisamment pris en compte dans ces processus de paix.
« Il existe des conflits autour de la terre, de l’identité et de la gouvernance au sein des communautés. Tous ces conflits ne sont pas directement résolus par les processus de Doha et de Washington. Certains groupes se réclament de l’autodéfense. La question est de savoir pourquoi ces communautés ressentent le besoin de se protéger. Très probablement parce qu’elles se sentent menacées. Il est donc nécessaire de s’attaquer aux causes profondes de chaque conflit afin que ces groupes n’aient plus de raison d’exister », insiste-t-elle.
Par ailleurs, l’AFC/M23 a suspendu le retrait de ses éléments dans certains villages du sud du territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Cette décision fait suite aux violents affrontements qui opposent, depuis le lundi 30 mars, cette rébellion aux combattants Wazalendo, membres de groupes d’autodéfense locale.
Elisha kindy
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