Après la guerre, tous les combattants Wazalendo et les autres devront choisir entre la Réserve Armée de la Défense (RAD), les FARDC et le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRC-S). C’est ce qu’a déclaré Katembo Erick Masinda, responsable du P-DDRC-S, antenne de Butembo-Lubero, dans une interview accordée à La Voix de l’UCG, ce lundi 16 mars 2026. Nous l’avons rencontré pour comprendre ce que sera la gestion des jeunes volontaires armés qui combattent aux côtés des FARDC contre les rebelles de l’AFC/M23 et les ADF, au Nord et Sud-Kivu, voire en Ituri.
Le responsable du P-DDRC-S, antenne de Butembo, a tout d’abord précisé que le désarmement est une option volontaire choisie par les combattants après une séance de sensibilisation. Il représente aussi un refuge pour les combattants fatigués par la guerre. Erick Masinda a rappelé que tous ceux qui détiennent des armes sans être passés par la formation des FARDC devraient, après la guerre, faire un choix au lieu de rester en brousse.
Il s’agit soit de rentrer en famille pour reprendre une vie civile en communauté après le processus de désarmement, réinsertion et réintégration qui s’étend sur une période d’une année ; soit de suivre une formation pour intégrer la Réserve Armée de la Défense (RAD) ou les Forces armées de la RDC.
«Nous ne recevons que la personne qui se dit : « Je suis fatigué de combattre l’ennemi, je viens me reposer à la maison ». À la maison, c’est où ? C’est la communauté. Et tous ces membres de groupes armés, pour intégrer les groupes armés, ils étaient sortis des communautés où ils auront à se rendre après la guerre. Une fois que la guerre prendra fin, ils auront deux choix devant eux : soit de faire la RAD (Réserve Armée de la Défense), soit d’embrasser le P-DDRC-S. L’armée aussi est une option »,explique-t-il.
Au même moment, le responsable du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation Butembo-Lubero rappelle que les groupes armés actifs n’auront plus de raison d’exister si les rebelles du M23 acceptent ou sont contraints d’être cantonnés.
« La finalité du M23, c’est le cantonnement. Et qui va faire ce cantonnement ? C’est le P-DDRC-S. Alors, si le M23 acceptait ou était contraint d’être cantonné parce que c’est parmi les résolutions des accords de Luanda, c’est parmi les grandes lignes maintenant, une fois le M23 dans ce centre de cantonnement, toi qui es ici à côté, à Butuhe, à Mavina, à Kasugho, à Kimbulu, qu’est-ce que tu vas faire encore ? Parce que la logique que nous avons aujourd’hui, et la pure vérité, est que tous ces groupes armés s’érigent contre le M23. Et le jour où le M23 va se rendre ou aura à se rendre dans un site de cantonnement, est-ce que les autres auront encore une raison de rester en brousse ? Nous constatons qu’ils n’auront plus de raison », ajoute-t-il.
Depuis 2023, plus de 500 combattants ont déjà intégré leurs communautés respectives et leurs armes ont été récupérées lors du processus. Récemment, un autre général autoproclamé, nommé Mamadou et actif sur l’axe Lubero-Kasugho, s’est rendu au P-DDRC-S dans la cité de Lubero, chef-lieu du territoire éponyme.
Glodi Mirembe
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