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Beni: l’appel à l’action contre la tracasserie à la barrière de péage route de Mavivi 

Malgré les alertes répétées de la société civile de la commune d’Oicha, les cas de tracasseries se multiplient à la barrière de péage de Mavi, située sur la RN4, entre la ville et le territoire de Beni, au Nord-Kivu. Parmi les services accusés d’entretenir cette situation figurent le renseignement militaire, le Transcom, l’Office pour la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption (OBLC), ainsi que les régies financières DGR-K/K et DGDA.

Les frais perçus auprès des usagers de cette route varient en fonction du type de véhicule. Ils peuvent aller de 10 000 francs pour un véhicule Dyna à 80 000 francs congolais pour un camion Actros, dénonce Darius Syayira, 1er rapporteur des forces vives d’Oicha, également défenseur des droits de l’homme au sein de l’ONG CPDH, citant les noms de certains services impliqués.

« Premièrement, des frais de sécurité sont perçus par des agents des services de sécurité, dont la DEMIAP, le TD, l’ANR, la PNC et la DCF, sous le contrôle du capitaine Mbenza de la DEMIAP et de monsieur Serge, commis aux renseignements de l’armée. Deuxièmement, les services DGR/NK, DGDA, TRANSCOM, INDUSTRIE, OBLC, etc., perçoivent des frais sans soubassement légal, sous prétexte d’enregistrement, alors que les chauffeurs s’acquittent déjà de ces frais depuis leur lieu de départ, quittance à l’appui. En troisième lieu, le service de la DGDA perçoit des taxes abusives sur les camions transportant des vivres et des produits non vivriers à l’intérieur de la province », écrit-il.

Pour les forces vives locales, il s’agit d’une tracasserie à ciel ouvert, perpétrée sous l’œil des autorités locales, notamment le maire et l’administrateur du territoire de Beni, non loin de la résidence du gouverneur de province.

« La société civile d’Oicha et le CPDH de Beni dénoncent ces pratiques et appellent le gouverneur du Nord-Kivu à prendre des mesures pour mettre fin à ces tracasseries qui pèsent sur la population de Beni, déjà meurtrie par les atrocités dans l’Est de la RDC », recommandent les deux structures.

Des pratiques similaires sont également rapportées à la barrière de Mukulia, située à l’entrée sud de la ville de Beni, où des frais sans quittance sont exigés aux conducteurs de motos, y compris aux agriculteurs. Joint par téléphone, l’administrateur du territoire de Beni affirme ne pas être au courant de cette situation et promet de se renseigner.

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