
Dans une déclaration rendue publique via la presse locale ce mercredi 31 décembre 2025, l’ONG COLIBRI-RDC fait état de plusieurs actes de violations des droits de l’homme, attribués aux groupes armés se réclamant des Wazalendo en ville de Butembo et ses environs au Nord-Kivu. Ainsi, étant donné qu’ils sont assimilés aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), Colibri-RDC considère que leurs actes sont imputables à l’État congolais.
Dans la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2025, l’ONG dit avoir identifié une vingtaine de groupes armés opérant dans la ville de Butembo et ses alentours. Leurs positions sont installées presque partout, de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud de la ville, où « ils exercent des prérogatives de puissance publique par et avec l’habilitation expresse de l’État congolais».
En 2025, ils se sont principalement illustrés par des violations du droit à la vie en commettant des meurtres, et du droit à la liberté individuelle en procédant aux arrestations et détentions arbitraires.
Le cas le plus emblématique est sans doute le meurtre de Rosette Vyaghula, une étudiante de l’ISTM, fauchée par une balle à Musimba dans l’après-midi du 13 novembre 2025, alors qu’elle rentrait des cours. Ce grave incident est intervenu dans un contexte d’installation de certaines positions de ces miliciens dans les abords des établissements sanitaires et académiques…. », lit-on dans ce document.
Et d’ajouter, « à partir de leurs différentes positions, les divers groupes armés procèdent aux arrestations et à la détention des citoyens. Nous avons dénombré des dizaines des cas de détention, parfois dans des conditions indignes, et parfois donnant lieu à des actes de torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants ».
Les mêmes groupes armés s’illustrent également dans la violation du droit de propriété par l’érection des barrières sur plusieurs axes routiers, où ils perçoivent de l’argent auprès de la population, notamment sur les axes:
- Butembo-Kyondo
- Butembo-Bunyuka
- Butembo-Muhangi
- Butembo Lubero
- Et Butembo-Manguredjipa
La responsabilité de l’Etat congolais
D’après l’organisation de défense des droits de l’homme, ces nombreuses violations dont les Wazalendo se rendent coupables aujourd’hui et demain engagent la responsabilité de l’État congolais. Pourquoi ? Parce que, d’après COLIBRI-RDC, le gouvernement congolais les considère comme des Volontaires pour la défense de la patrie, ou comme faisant partie de sa réserve armée, il les prend plus ou moins en charge, et désigne même les personnes chargées de leur coordination. Enfin, cette collaboration a été largement documentée, notamment par le Groupe d’Experts sur le Congo.
Une politique de désarmement…et une justice contre les auteurs
Parmi les recommandations, COLIBRI-RDC propose la mise en place d’une politique cohérente d’encadrement des jeunes armés comme faisant partie de la réserve armée de la défense. Le cantonnement de ces miliciens devenus semeurs de l’insécurité, et une politique de leur désarmement et démobilisation qui soit efficace. L’ONG recommande aussi l’activation de la justice pour les nombreuses bavures attribuées aux miliciens dits Wazalendo et la mise en place d’un cadre de concertation mixte chargé du monitoring des violations imputables aux Wazalendo, jusqu’à leur désarmement.
Jackson Sivulyamwenge
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