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Oicha : plus de 8 500 déplacés accèdent aux soins de santé primaire grâce à une clinique mobile

Plus de 8 540 déplacés internes ont accès aux soins de santé primaire grâce à une clinique mobile installée au site de déplacés de Luvangira en commune d’Oicha dans le territoire de Beni au Nord-Kivu. Opérationnelle depuis octobre 2025, cette clinique mobile qui dessert quatre sites de déplacés a permis de réduire considérablement la morbidité pour une population déjà appauvrie par les conflits armés.

Assise sous une tente aménagée pour la circonstance, madame Bilaya Henriette tient dans ses bras un nourrisson. Ce dernier fait partie d’une dizaine de patients venus consulter, le 14 novembre 2025.

« Je suis venu faire soigner mon enfant, il souffre de la malaria. On va le soigner gratuitement. Par contre, quand nous allions souvent en hospitalisation à l’hôpital général, nous payions beaucoup d’argent. Et puis il n’était pas facile de trouver cet argent. Mais depuis que ces gens se sont installés ici, nous avons accès aux soins gratuits », s’est-t-elle réjouit.

Il s’agit d’une assistance rapide qui a permis de rétablir ces personnes vulnérables dans leur dignité, parce que, dans l’impossibilité d’honorer la facture de leurs soins, elles étaient souvent obligées de s’évader des lits d’hôpitaux, fait savoir Geresi Mutwalughuma, infirmière dans l’aire de santé de Tenambo.

« Souvent ils s’évadaient, abandonnant leurs effets à l’hôpital, parce que la vie qu’ils mènent est difficile. Mais aujourd’hui ils reçoivent les soins de qualité et cela gratuitement, y compris pour les enfants. Pour les cas graves, nous referons le patient à l’hôpital général, nous le prenons en charge et nous assurons aussi son alimentation là-bas ».

Selon Arsène Bavi, infirmier titulaire de l’aire de santé de Tenambo, cette approche s’inscrit dans le cadre d’un projet mis en œuvre par l’ONG Première Urgence. Il visant à garantir l’accès à des services de santé, de nutrition et de protection à 8 545 déplacés internes répartis dans quatre sites.

« Ça vient d’abord répondre aux problèmes de santé primaire, surtout dans une population vulnérable. Vous comprendrez avec moi que depuis le début de cette guerre, les gens ont fui la brousse, leurs champs, et ils se sont regroupés dans ce que nous appelons aujourd’hui sites de déplacés. Nous en avons quatre : Luvangira, Muloku, CECA20 et IBO, dans la même contrée et la même aire de santé. Nous sommes en train de prendre en charge une population déchiffrée à 8 545 habitants,  tous des déplacés. Et en dehors de ça, ils prennent aussi pour des cas isolés  certains vulnérables qui sont vraiment au top de leur souffrance.Aussi à cela, il faut ajouter la prise en charge des enfants mal nourris qui peuvent être soit dans le site soit orientés de l’extérieur du site ». 

À ce jour, les résultats sont significatifs, assure  l’infirmier titulaire, mentionnant la diminution sensible des cas de décès et d’avortement dans les sites de déplaces, le dépistage régulier et volontaire, le  respect des calendriers de consultations prénatale et post-natale et le suivi des enfants malnutris. 

L’objectif reste de réduire la morbidité dans les zones de conflit et de renforcer la résilience des communautés.

Jackson Sivulyamwenge

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