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Inondations à Butembo : le Professeur Muhindo Sahani, expert en gestion des risques naturels, fait une analyse scientifique pointue et appelle à la responsabilité collective.

Le Professeur Muhindo Sahani, expert en gestion des risques naturels, a réagi après les précipitations importantes du jeudi 30 octobre 2025 qui ont touché la ville de Butembo au Nord-Kivu.  

Dans son analyse, l’expert met en lumière la complexité des phénomènes qui ont conduit aux dégâts et souligne les responsabilités en matière de prévention.

Identifiant en premier lieu les facteurs naturels et anthropiques, cet enseignant en faculté de sciences agronomiques de l’Université catholique du Graben (UCG) fait observer qu’il existe plusieurs facteurs  qui contribuent à l’intensification des risques :

Les facteurs climatiques : la persistance des pluies sur plusieurs jours et la quantité d’eau tombée (lame d’eau) jouent un rôle déterminant.

Les facteurs géologiques et pédologiques : la nature des sols, leur capacité à absorber l’eau et la pente des terrains influencent directement le ruissellement et les glissements.

La connectivité des bassins versants : les routes et aménagements urbains peuvent canaliser l’eau, augmentant sa vitesse et son impact.

En deuxième lieu, le Prof Muhindo Sahani accuse l’urbanisation anarchique.

Ici, il souligne que l’urbanisation non planifiée accentue la vulnérabilité :

La division anarchique des parcelles (25 m x 25 m en sous-parcelles) fragilise le sol et amplifie le ruissellement.

L’imperméabilisation des sols par l’artificialisation     (construction, routes, infrastructures) empêche l’absorption naturelle de l’eau de pluie.

Le phénomène de « seuil topographique: une fois ce seuil dépassé, les eaux saturées des sols déclenchent rapidement des débordements et glissements.

Parmi les conséquences sociales et humaines, le professeur met en avant que les populations les plus vulnérables, souvent les moins nantis, sont les premières touchées : Les risques incluent éboulements, glissements de terrain et pertes humaines.

La vulnérabilité des habitants amplifie l’effet de l’aléa, transformant un événement climatique en catastrophe majeure.

Ainsi, pour parvenir à la gestion des risques, le Prof Muhindo Sahani insiste sur la nécessité d’une approche proactive :

  • La gestion des eaux pluviales doit se faire dès la source, à l’endroit même où l’eau tombe ;
  • Les acteurs politiques et les riverains doivent être impliqués pour réduire les risques, notamment à travers la planification urbaine et la prévention.
  • Il plaide aussi pour une collaboration entre experts, décideurs politiques et communautés locales afin de limiter les conséquences des catastrophes naturelles.

La réaction du professeur Muhindo Sahani combine une expertise scientifique pointue et un appel à la responsabilité collective. Il met en garde contre les effets cumulatifs de l’urbanisation anarchique et de la mauvaise gestion des eaux de pluie, tout en soulignant l’urgence de protéger les populations vulnérables.

H. Mukulu, E. Kindy

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