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Butembo : l’UCG poursuit sa politique « tolérance zéro » face aux scandales de harcèlement sexuel en milieu universitaire

Plus d’une dizaine de cas de harcèlement sexuel ont été répertoriés dans certaines universités et institutions supérieures à Butembo au Nord-Kivu. Les témoignages répertoriés au cours des années académiques 2023-2024 et 2024-2025 sont rapportés par l’ONG Réseau pour la défense des droits de l’homme (REDHO), une organisation ayant son siège national à Butembo. Son rapport a été rendu public fin juin dernier. Ce phénomène refait surface alors que l’Université catholique du Graben a déjà mis en place un cadre répressif face à cette pratique.

Les auteurs de ces cas de harcèlements sexuels en milieu universitaire cités dans ce rapport de monitoring sont essentiellement des membres du corps enseignant. C’est entre autres les assistants, les chefs de travaux, les professeurs, voire ceux du corps administratif. Selon les témoins cités dans le même rapport, ces individus hautement placés proposent ou exigent, selon le cas, des faveurs sexuelles en échange de certains avantages, dont les points et l’argent. Maître Muhindo Wasivinywa, coordonnateur de l’ONG REDHO, antenne de Butembo, rappelle que ces pratiques infractionnelles sont punissables par la législation congolaise.

« Relevons que la coordination de notre organisation ainsi que certaines organisations membres sont régulièrement alertées sur les cas de harcèlement sexuel dans certaines institutions supérieures et universitaires de la place ; le REDHO regrette les nombres élevés d’alertes et dénonciations dont sont victimes plusieurs filles et femmes étudiantes. Soulignons que le harcèlement sexuel est un fait infractionnel punissable par la législation congolaise et plusieurs autres textes internationaux. Le fait pour un enseignant, une autorité académique ou administrative de solliciter le rapport sexuel à son étudiante est condamnable. Le REDHO a reçu plusieurs plaintes des étudiantes qui regrettent cette situation de harcèlement sexuel dont elles sont victimes par leurs enseignants, les encadreurs et directeurs des travaux et mémoires de fin de cycle ; certaines autorités académiques conditionnent la réussite aux différentes épreuves et sessions par le rapport sexuel », révèle-t-il.   

Pendant ce temps, l’abbé professeur Malonga Télésphore, vice-recteur de l’UCG, indique que cette université catholique a déjà adopté une politique de « tolérance zéro » contre le harcèlement sexuel en milieu universitaire.

« Elles ont d’abord la possibilité de voir le curé de la paroisse universitaire, chargé aussi des affaires sociales à l’université. Si elles estiment que c’est difficile de voir le recteur. Notre conseil rectoral est composé de quatre prêtres. Une victime qui estime que c’est difficile de voir le recteur peut voir ces prêtres. Si cela se révèle vrai, on va d’abord appeler l’enseignant pour qu’il se défende. Si en fin de compte l’enseignant est coupable, je vous assure qu’il sera mis à la porte », précise-t-il.                                  

L’ONG REDHO, antenne de Butembo, auteure de l’enquête, a non seulement saisi les judiciaires compétentes, le ministère de l’ESU, la sous-conférence des chefs d’établissements de l’ESU, mais aussi les leaders religieux responsables d’institutions supérieures et universitaires pour des actions contraignantes contre les auteurs.

Elisha Kindy

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