Butembo : une attaque qui serait punitive en réaction aux tracasseries militaires à la barrière de Kangothe (témoignages)

On en sait un peu plus de l’attaque armée survenue lundi 21 juillet vers 17h45 au niveau du poste de contrôle de Kangothe, sur la route Butembo–Beni. Le lendemain, mardi 22 juillet, le maire de Butembo et les membres de son conseil urbain de sécurité se sont rendus sur les lieux pour évaluer la situation. L’assaut, mené par des hommes armés non identifiés, a coûté la vie à un policier et blessé deux civils.
Selon le maire de Butembo, le Commissaire Supérieur Principal Mowa Baeki Telly Roger, l’attaque a coûté la vie à un élément de la Police Nationale Congolaise (PNC), le policier Kambale Mwangi Mbale. Deux blessés ont été également déplorés du côté civil.
La Voix de l’UCG s’est rendue un peu plutôt sur place. Elle constaté un climat de méfiance et de tension était palpable. Plusieurs habitants riverains du péage évoquent la thèse d’une expédition punitive en réaction aux tracasseries militaires devenues monnaie courante sur ce tronçon. Selon des témoignages concordants, depuis plus d’un mois, aucun motocycliste ne peut franchir la barrière après 18h00 sans verser un pot-de-vin aux militaires postés sur place. Les montants exigés varient entre 500 et 1 000 francs congolais, voire plus, sans qu’aucune quittance ne soit délivrée.
Les réfractaires, affirment des sources locales, sont humiliés publiquement, parfois même torturés. Des résidents des quartiers avoisinants, revenant de leurs champs ou de la ville, se disent également contraints de payer ces frais illégaux, alors qu’ils en étaient exemptés avant l’affectation des actuels éléments armés.
« Cette situation a engendré une véritable rupture de confiance entre la population et ceux qui sont censés la sécuriser », confie un agent percepteur commis à la barrière. Un autre témoigne : « Des civils armés, soupçonnés d’être des Wazalendo, avaient pourtant lancé des mises en garde contre ces abus. Les autorités ont été alertées, mais rien n’a été fait. La menace a fini par être exécutée. »
Le maire a fait savoir, d’une manière évasive, que les militaires commis à Kangothe ont été relevés et remis à leur hiérarchie.
« Les dispositions avaient été prises. Si tel est le cas, l’équipe en question a été relevée. S’il y a effectivement eu des actes répréhensibles car on ne peut pas accuser quelqu’un sans preuve, nous avons remis les agents concernés à la disposition de leur hiérarchie afin que les enquêtes puissent se poursuivre. »
Pour l’instant, l’identité des assaillants reste inconnue et aucune revendication officielle n’a été enregistrée. Mais l’attaque de Kangothe met à nu un malaise profond entre les forces de sécurité et les citoyens, et soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des postes de contrôle par les forces de l’ordre et de sécurité.
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