Nord-Kivu : Cacao et café, une manne de 608 millions USD menacée par la fraude (ONAPAC)

L’Office National des Produits Agricoles au Congo (ONAPAC) a exporté en 2024 plus de 71 000 tonnes de cacao et 8 000 tonnes de café, a déclaré Madame Kaswera Sivyaleghana Alphonsine, directrice de l’ONAPAC pour le secteur de Beni, dans une interview accordée le mercredi 14 mai à Beni.
Selon les estimations du marché international, le cacao est actuellement évalué à 8 dollars américains le kilogramme, ce qui représente une valeur totale d’environ 568 millions USD pour les exportations de 2024. Le café, de son côté, est estimé à 5 dollars le kilogramme, soit une valeur globale de 40 millions USD pour les 8 000 tonnes exportées. Au total, le secteur cacao-café dans la région représente donc une manne financière de 608 millions de dollars américains. Ces chiffres soulignent l’importance stratégique de cette filière pour l’économie locale. Cependant, cette richesse est aujourd’hui menacée par la fraude, un fléau qui gangrène la chaîne de production et de commercialisation, comme l’a souligné la directrice de l’ONAPAC.
« En 2024, selon les statistiques de l’ONAPAC,
la quantité de cacao exportée a atteint 71 402 tonnes.
Pour le café – Robusta et Arabica confondus – nous sommes à 8 069 tonnes. Mais l’un des problèmes majeurs auxquels nous faisons face reste la fraude. C’est un phénomène qui touche même certaines personnes censées être notre élite. Bien que son éradication soit difficile, nous croyons fermement qu’il est possible d’en réduire considérablement l’ampleur. »
La fraude s’observe dès les champs, où des cas de vols de produits agricoles sont régulièrement rapportés. Elle s’étend ensuite aux circuits commerciaux, où certains intermédiaires non agréés achètent le cacao en dehors des normes, le traitant « comme des haricots », selon les propos de Madame Kaswera.
Ces opérateurs le transportent dans des voitures, des triporteurs ou sur des motos, échappant ainsi au contrôle de l’ONAPAC et aux exigences de traçabilité et de certification imposées par les standards internationaux.
Autre pratique dénoncée : certains exportateurs officiellement reconnus déclarent un tonnage donné mais, lors du chargement, ajoutent un surpoids non déclaré, ce qui constitue une fraude grave à laquelle l’ONAPAC tente de faire face.
Dans une décision récente, l’ONAPAC a formellement interdit le transport du cacao à moto, en voiture, ou dans des camions de type Canter ou Fuso à destination des cités proches de la frontière. Ces moyens de transport ne sont pas conformes aux normes internationales, notamment en matière de sécurité, de conservation et de conformité douanière.
Madame Kaswera a conclu en réaffirmant l’engagement de son service public à lutter contre ces pratiques illégales afin de garantir un commerce équitable, traçable et réellement bénéfique aux producteurs congolais.
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