RDC : «La coalition Article 64, une stratégie politicienne que citoyenne, mais forte si elle résiste aux convoitises de l’UDPS », estime le Professeur Muhesi.

Il est, à présent, difficile d’affirmer avec précision si la mission portée par les opposants congolais réunis au sein de la nouvelle coalition Article 64 répond réellement aux attentes de la population congolaise. Jusqu’à présent, il s’agit avant tout d’un positionnement politique qui s’inscrit dans une stratégie mise en œuvre par des acteurs politiques ayant pour objectif de contrecarrer le projet de la majorité présidentielle. C’est l’analyse du politologue Muhesi Augustin, chercheur en gouvernance politique, expert en communication politique et enseignant dans plusieurs universités de l’Est de la RDC.
Cette nouvelle coalition, qui se veut défenseure de l’ordre constitutionnel en RDC, regroupe notamment :
- l’ECiDé de Martin Fayulu ;
- Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, tous deux membres de la coalition électorale Lamuka ;
- le LGD du sénateur en exil Matata Ponyo, ancien membre du FCC-CACH ;
- Envol de Delly Sessanga ;
- Alliance pour le Changement de Jean-Marc Kabund, ancien membre de la coalition FCC-CACH ;
- ainsi que d’autres mouvements politiques et citoyens.
Pour le chercheur, si cette coalition parvenait à se renforcer, elle pourrait devenir une voix importante sur la scène politique congolaise et dégager une dynamique fédératrice.
« Elle pourrait organiser des manifestations à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, au cas où elle réussirait à fédérer d’autres forces de la société civile. Je vois ici l’Église catholique, qui s’est déjà inscrite contre ce projet. Sous cette logique, cette coalition peut faire échec à cette initiative », explique-t-il.
Cependant, le chercheur estime également que ce type d’initiatives reste souvent vulnérable aux influences du camp adverse.
« Il faudrait que cette coalition devienne forte, qu’elle ne soit pas écartelée ni divisée. Parce que l’UDPS, porteuse du projet, pourrait à tout prix user de différentes stratégies pour réussir. Cela peut passer par des intimidations contre certains membres de la coalition C64, la répression violente des manifestations ou encore des tentatives d’achat de certains acteurs de cette plateforme. Ce sont autant de défis que peut connaître la coalition C64, sachant que la dynamique politique congolaise est marquée par des mutations rapides, la transhumance politique, la corruption ou encore les promesses de postes politiques », poursuit le politologue.
À travers cette initiative, l’opposition rejette toute réforme constitutionnelle ainsi que toute perspective d’un troisième mandat du président Félix Tshisekedi. C’est ce qu’a affirmé Nicolas Lenga en lisant la déclaration commune.
Lors de sa conférence de presse du mercredi 6 mai, le président Félix Tshisekedi avait affirmé qu’il n’était pas demandeur d’un troisième mandat. Cependant, il avait ajouté que si le peuple le lui demandait, il accepterait.
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