
A l’issue de l’élection du nouveau pape, celui-ci sera invité à se choisir le nom qu’il portera pendant toute la durée de son pontificat. Cette tradition de l’église, vieille de plus d’un millénaire, a une portée très significative et symbolique.
Il s’agit de l’une des premières décisions du pape, une fois élu à l’issue du conclave. Le doyen du collège des cardinaux s’adressera alors à l’élu pour lui demander, en latin : « Acceptez-vous votre élection canonique comme souverain pontife ? ». Une fois qu’il aura consenti, le conclave prendra officiellement fin et le pape donnera le patronyme qu’il aura choisi.
Selon Mr l’Abbée Moise Kanduki de la paroisse cathédrale de Butembo, ce patronyme n’a aucune base canonique. Il n’est donc pas une obligation du point de vue de textes régissant l’église, mais une tradition qui s’est installée dans le temps.
« Il n’y a pas de texte religieux ou de loi canonique qui parle de ce nom. C’est une tradition, elle date je crois de 533, d’après certains documents de l’église. Une tradition qui donne priorité au nouveau pape de choisir un nom qui l’intéresse. C’est lui-même qui choisit un nom. D’habitude c’est pour faire hommage, soit à un saint, soit à quelqu’un de sa famille ou à un autre prédécesseur qui l’a marqué », explique-t-il lors d’un entretien accordé, mercredi 7 mai 2025, à La Voix de l’UCG.
Un choix significatif
Ce nom n’est pas pris au hasard, il est issu d’une décision réfléchie qui, d’après les explicationsdel’abbé Moise, donne des indications sur le futur pontificat. Un message qui permet de savoir ce que le nouveau pape veut de l’église.
« Déjà à partir de ce nom, on peut savoir ce que sera ce pape demain, qu’est-ce qu’il veut de l’église. Exemple, le pape François. Personne d’autre parmi les papes qui l’ont précédé n’avait encore pris ce nom de François. De façon étonnante, il vient choisir un saint, Saint François d’Assise, qui était le défenseur des pauvres, et quand on voit ce qu’il vient de faire au cours de son pontificat, il s’est rapproché des pauvres, il a attiré l’attention de l’église sur la proximité avec les pauvres, les nécessiteux, les oubliés, les abandonnés. Voilà, c’était ça plus ou moins son cheval de bataille », a-t-il illustré.
Notons qu’à travers les siècles, certains noms sont revenus plus fréquemment que d’autres. Jean est le plus utilisé (23 fois), suivi de Grégoire et Benoît (16 fois), arrive ensuite Clément (14fois), et puis Léon et Innocent (13) et enfin Pie (12 fois).
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