
Dans un document conjoint, mercredi 23 avril 2023 à Doha (Qatar), les délégations de Kinshasa et du M23/AFC ont décidé d’une trêve devant conduire à l’instauration d’un cessez-le-feu effectif dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
De l’analyse du politologue Papy Kasereka, par cette déclaration conjointe, les rebelles du M23/AFC et le pouvoir de Kinshasa viennent de créer un environnement propice au dialogue direct. C’est une importante étape préliminaire dans le processus de résolution d’un conflit, fait savoir ce chercheur sur les questions de sécurité également expert en résolution pacifique du conflit.
Selon lui, il s’agit d’une première phase bouclée avant d’entamer la seconde qui consiste, pour les deux parties, à présenter les faits ou les récits.
« C’est que nous sommes en train de quitter la première phase du conflit où les acteurs ont déjà exprimé leurs émotions. On doit donc passer dans la phase 2 en termes de médiation, la phase où on appelle normalement du point de vue technique, récits, ça signifie que les acteurs dans cette phase de discussion directe, ils vont maintenant présenter leurs récits ou présenter les faits, présenter aussi les besoins et les intérêts. Et ce qu’il faut retenir à ce niveau-là, c’est que lorsque les acteurs présentent des besoins, souvent c’est en position cachée, mais ceci peut ressortir de manière plus claire lorsque les pistes et les solutions pour résoudre des conflits vont apparaître. À ce moment par exemple, tout sera très clair parce qu’à ce moment les gens vont se dire par exemple, si vous voulez que les conflits puissent se résoudre, nous voulions par exemple que vous puissiez nous attribuer tel poste, telle circonscription, telle position », a-t-il expliqué lors d’un entretien avec La Voix de l’UCG.
Mais attention, prévient l’analyste, le piège c’est qu’il existe plusieurs acteurs dans ce conflit. Outre l’AFC/M23 et l’armée gouvernementale, la région est minée par de nombreux groupes armés.
« Il y a d’autres groupes armés. C’est très important que l’ensemble des acteurs essayent de marcher dans cette volonté des mesures de confiance, sinon on va tomber dans ce qu’on appelle, à chaque fois qu’il y aura des petits problèmes, les acteurs vont s’accuser les uns des autres pour dire non, c’est tel qui a attaqué, c’est tel qui aurait fait ceci, et voilà, et ils vont dire non, si X a attaqué, donc il est en connivence avec Y. Donc c’est très important que l’ensemble des acteurs essayent un peu de marcher dans cette position-là »,
Par ailleurs, le politologue Papy Kasereka plaide pour un dialogue plus inclusif pour des solutions plus holistiques et qui pourront effectivement apporter des réponses plus durables aux problèmes auxquels la RDC est confrontée.
Jackson Sivulyamwenge
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