Nord-Kivu : Ak’Ethu Day, un Salongo pour redorer l’image de Butembo et valoriser la femme

« Le rôle de la femme dans l’émergence de la communauté, particulièrement chez les Vayira »: C’est sous cette thématique que le Chef du groupement Buyora et plusieurs structures de jeunes de Butembo ont passé la journée du dimanche 30 mars 2025. Dénommée « Ak’Ethu Day », cette journée a été marquée par des actions et des réflexions enrichissantes. Ismael Kabuyaya y a activement pris part et nous en parle.
Cette journée d’action et de réflexion a démarré par une marche de santé allant du rond-point VGH au rond-point Nziapanda. Sur place, les jeunes activistes des communautés U-Report, Kwetu Nature, le Happening 2000 ainsi que Aff’Art Group ont exécuté un salongo, une action qui a marqué plus d’une personne. C’est notamment le cas de l’artiste poète-slameur Volonté Mapson, qui a agi aux côtés d’autres jeunes pour redorer l’image de la ville.
« On est là pour rendre notre environnement plus vivable, si je peux dire comme ça. Je me dis que pour un seul Congo, il faut un salongo, pour que la vie reprenne et que tout aille bien. Le nom Ak’Ethu inspire au fait d’être fier de chez soi, fier de ce que nous avons, fier de ce que nous sommes, et de valoriser nos richesses. Il ne s’agit pas juste d’envier ce que les autres possèdent, mais aussi d’embellir ce que nous avons. Ak’Ethu, c’est notre ville, c’est notre art, ce sont nos entreprises. » a expliqué Mapson.
Après le salongo, une conférence a été organisée chez le Mwami Kirugho III Kighombwe Jarasuli, Chef du groupement Buyora, en chefferie de Baswagha. Dans son exposé, le Mwami a démontré que, contrairement à la pensée populaire, la femme occupe une place de premier plan dans la coutume Yira. Il a notamment souligné qu’il n’y a pas de royaume sans femme et a appelé chacun, homme et femme, à assumer ses responsabilités selon les recommandations de Dieu, le Créateur.
Écho
« Plusieurs personnes ont adopté des cultures étrangères en imitant bêtement. Nous voulions montrer que notre culture existe et que nous avons le devoir de la protéger. Nous avons échangé autour de la femme et de la coutume. Nous avons montré aux jeunes la place de la femme, car beaucoup pensent que la coutume la minimise. Nous espérons que les jeunes ont maintenant une idée claire sur le rôle de la femme. Que chacun, homme ou femme, fasse son devoir selon la recommandation de Dieu, tout en respectant ses coutumes et sa tradition. »
Des milliers de jeunes ayant participé à cette activité se sont dits instruits par le riche exposé du Mwami. Beaucoup ont avoué ignorer plusieurs réalités de la culture Yira, notamment la place essentielle de la femme. Ils ont exprimé le souhait de voir de tels carrefours organisés régulièrement, afin d’éviter que l’acculturation ne prenne totalement le dessus.
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