Nord-Kivu : l’assassinat tragique de Delcat Idengo illustre la double menace qui pèse sur les voix critiques libres en RDC

Le musicien Delphin Katembo, alias Idengo, a été exécuté en plein jour ce jeudi 13 février à Goma, sous occupation du M23. Son assassinat reflète la répression des activistes et défenseurs des droits humains, nombreux à fuir ou vivre dans la clandestinité par crainte des exactions des rebelles.
Albert, un nom d’emprunt pour ce défenseur des droits humains, a déjà quitté Goma pour des raisons de sécurité. À l’entrée des rebelles, il s’est souvenu des massacres de Kishishe, des exécutions sommaires à Bunagana, Rutshuru-Centre et d’autres localités sous occupation du M23. Selon lui, les activistes sont particulièrement ciblés en raison de leur opposition à la méthode du M23, qui consiste à prendre les armes contre la République, quelle que soit la nature de leurs revendications.
Idengo, 27 ans, était connu pour ses chansons critiques et révolutionnaires. Il s’était fait remarquer à Kinshasa et au Nord-Kivu pour ses prises de position contre le pouvoir et l’insécurité persistante dans l’Est du pays.Arrêté à Beni pour avoir dénoncé l’état de siège, il avait été condamné à 10 ans de prison et incarcéré à Munzenze, à Goma. Libéré sous pression populaire en décembre 2023, il reprit son engagement avant d’être de nouveau arrêté en 2024 lors d’une manifestation contre la Monusco. Transféré une fois de plus à Munzenze, il s’évada fin janvier avec d’autres détenus à la veille de l’entrée du M23 dans Goma.
Idengo reprit immédiatement ses activités artistiques et critiques. Ce mercredi, il dévoilait Bunduki (arme, en swahili), un titre dénonçant le M23, les ADF, les miliciens CODECO et le gouvernement.
Son exécution, après cette prise de position, illustre la répression brutale contre les voix dissidentes sous l’occupation du M23.
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