Changement à la tête des FARDC : le lieutenant-général Banza Mwilambwe Jules face à plusieurs attentes(analyse du journaliste Nicaise)
Rehausser le moral des troupes, restructurer les opérations militaires, redynamiser le front en comblant les lacunes, c’est ce que la nation attend du lieutenant-général Banza Mwilambwe Jules, nommé chef d’État-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Le nouveau patron de l’armée prend le bâton de commandement dans un contexte de crise sécuritaire persistante marquée par les échecs militaires face aux rebelles du M23.
Depuis deux ans, l’armée dirigée par le lieutenant-général Christian Tshiwewe jouait sur la défensive, en faisant perdre au pays des localités au profit de l’agresseur, fait observer Nicaise Kibel-Bel Oka, journaliste et écrivain congolais spécialiste des questions sécuritaires.
« Le constat, tout le monde l’a fait… Au front, nous n’avons pas été efficaces. Et comme nous n’avons pas été efficaces, le commandant suprême, le chef de l’État, a dû restructurer l’architecture de l’État-major et du front », lance-t-il.
C’est pratiquement toute l’architecture opérationnelle qui est concernée par ce réaménagement. Le chef d’État-major général Christian Tshiwewe perd donc sa fonction. Le sous-chef d’État-major chargé des opérations et du renseignement, le général Ndaiwel, perd aussi son poste en faveur du lieutenant-général Ichaligonza Nduru Jacques.
Au niveau du front, le général Fall Sikabwe, qui était coordonnateur des opérations au Sud, c’est-à-dire sur l’axe Goma-Bukavu, quitte également cette fonction, tandis qu’au Front Nord, le général-major Shiko Tshitambwe, vivement critiqué pour mauvaise gestion des opérations contre le M23, est aussi sommé de partir.
« Donc il était normal que le commandant suprême, le président de la République et chef de l’État, procède à cette restructuration pour donner une autre vision à l’armée afin de récupérer les localités perdues et de chasser l’ennemi », analyse Nicaise.
Auteur de plusieurs publications sur la guerre à l’Est de la RDC, Nicaise Kibel-Bel Oka espère que ce changement à la tête de l’armée va faire bouger les lignes. Mais il formule trois préalables sous forme d’attentes :
« La nouvelle équipe doit redynamiser le front en commençant par donner de l’espoir et réchauffer le moral des troupes pour que nous puissions récupérer nos territoires et nos localités conquises par l’armée rwandaise. Ça, c’est la première des choses. La deuxième des choses, il faut restructurer le front. Restructurer le front, c’est d’abord la discipline à tous les niveaux, que ce soit au niveau des généraux, des officiers généraux, des officiers supérieurs, des officiers subalternes ou des hommes de troupe. Après la discipline, il faut réorganiser le front et combler les lacunes, c’est-à-dire recruter les effectifs manquants et faire partir les commandants qui ne sont pas habiles au front, qui ne sont pas braves », recommande-t-il.
Artilleur de formation et ancien officier du 13ème régiment blindé de la Garde républicaine (GR), Banza Mwilambwe Jules était, avant sa nomination, chef de la maison militaire adjoint du président Félix Tshisekedi, chargé des opérations et des renseignements. Auparavant, il occupait le poste de commandant adjoint en charge de l’administration et de la logistique au sein de la Garde républicaine.
Jackson SIVULYAWENGE
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