Nord-Kivu: maintenir l’état de siège sans donner les opérations au gouverneur n’a aucun sens(LUCHA)

La question de la levée immédiate de l’état de siège décrété au Nord-Kivu il y a 4 ans refait surface avec insistance après le sanglant massacre de Ntoyo en territoire de Lubero et de Fotodu en territoire de Beni au Nord-Kivu. Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (Lucha) juge inopportun ce régime d’exception, qui exclut le gouverneur militaire du contrôle des opérations militaires. « Il ne s’occupe que de l’administration provinciale, comme le ferait un civil », déplore Stewart Muhindo, militant du mouvement.
Pour ce mouvement pro-démocratie, la persistance des massacres, malgré la présence d’autorités militaires à la tête des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, démontre l’inefficacité de cette mesure. La Lucha estime qu’il est temps de revenir à une gestion civile et d’explorer d’autres mécanismes de sécurité plus adaptés.
« Ici, la question n’est pas celle de reconfigurer l’état de siège, la pertinence est de lever l’état de siège. À quoi bon maintenir un régime budgétivore qui n’a produit aucun résultat, en dépit même de la mutualisation d’efforts ? Si le gouverneur militaire n’a que l’administration dans ses attributions, en quoi est-il différent d’un civil ? Un militaire bien formé doit être au front et laisser aux civils l’administration. C’est possible d’organiser les élections de gouverneur », explique-t-il.
Environ 100 civils ont été tués début septembre dans les localités de Ntoyo et Fotodu, dans les territoires de Lubero et de Beni, au cours d’attaques sanglantes attribuées aux ADF, un mouvement armé ayant prêté allégeance à l’État islamique. Ce drame, revendiqué par l’État islamique/Daesh, relance le débat sur l’efficacité de l’état de siège, alors que la société civile et plusieurs acteurs politiques appellent également à une révision de la stratégie sécuritaire du gouvernement congolais.
Elisha Kindy
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