Nord-Kivu : Faut-il compter sur la dynamique Wazalendo pour la réouverture de la route Butembo-Kiwanja-Goma ? (Le Chercheur Boniface Musavuli répond)

Le phénomène Wazalendo est le reflet de la frustration des populations congolaises face à l’occupation d’une partie du territoire national par les forces étrangères. Selon le chercheur spécialisé dans les questions de paix et sécurité Boniface Musavuli, il est vain de compter sur l’EAC et le gouvernement congolais pour la reconquête des zones occupées par le M23 et l’armée rwandaise.
« Il est évident que le gouvernement congolais a démissionné de ses missions parce que c’est lui qui a signé les engagements qui placent le Congo dans une situation de partition de fait. Non, parce qu’il est vrai que derrière les différentes dynamiques wazalendo il y a des acteurs étatiques qui opèrent dans l’ombre et qui poussent la jeunesse congolaise à reprendre dignement leurs territoires perdus », pense Boniface Musavuli.
Pour le chercheur, il est vain de compter sur la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est et le gouvernement congolais face à leur attitude teintée d’hypocrisie et espérer à la réouverture de la route Butembo-Kiwanja-Goma.
« Si les Etats de l’EAC se parlaient sans hypocrisie, ils demanderaient au Rwanda de retirer le M23 du sol congolais et permettre aux opérateurs économiques de circuler calmement. La seule chose qui peut permettre à l’armée Rwandaise sous couvert du M23 de se retirer est que le Congo soit militairement bien équipé pour s’imposer ou d’aller dans les instances de l’EAC avec une capacité militaire redoutable. Pour l’instant, le Congo peut difficilement prendre la décision de négocier étant donné qu’il est déjà dans la période électorale », analyse Boniface Musavuli.
Une dizaine de groupes armés sont impliqués, depuis le 1er octobre dernier, dans la résurgence des affrontements contre la rébellion du M23/RDF. Ils sont dans les territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi. Ils se font appeler Wazalendo, une expression Swahili qui signifie patriotes résistants.
Plusieurs villages qui étaient déjà préoccupés par les rebelles sont passés sous l’occupation de ces groupes armés locaux. C’est notamment dans l’ensemble de la partie est du territoire de Masisi. Si le M23 affirme toujours l’implication des FARDC dans cette résurgence des combats, cette allégation est constamment démentie par les autorités congolaises par la voix du colonel Guillaume Ndjike Kaiko,porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu.
Georges Kisando Sokomeka
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