Lubero : Conditions de vie précaires pour les déplacés, risque imminent de catastrophe humanitaire à Kanyabayonga

Une actrice communautaire du territoire de Lubero tire la sonnette d’alarme concernant le risque d’une catastrophe humanitaire à Kanyabayonga, une agglomération située à environ 170 km au sud de la ville de Butembo qui continue d’accueillir un nombre croissant de familles déplacées fuyant le conflit entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M22 dans les territoires de Rutshuru et Masisi. Le nombre de déplacés est estimé à plus de 30 000 personnes ; la plupart d’entre eux sont hébergés dans des sites pour déplacés, des écoles et des églises, dans des conditions d’hygiène extrêmement précaires.
Dans un entretien accordé ce samedi 11 mai à La Voix de l’UCG, Florence Bamutupe, agent communautaire travaillant pour une organisation humanitaire locale et actuellement en mission à Butembo, décrit la situation critique : manque d’abris, de vivres, d’hygiène, d’eau et de médicaments.
« À leur arrivée à Kanyabayonga, les déplacés sont confrontés avant tout à une pénurie de vivres. Cela concerne également ceux qui sont accueillis dans des familles, lesquelles rencontrent les mêmes difficultés. Imaginez une famille de huit enfants qui se retrouve chez des hôtes qui ont déjà recueilli cinq autres familles : l’accès à la nourriture devient alors très compliqué. Il en va de même pour ceux qui sont hébergés dans des sites pour déplacés, des écoles, des églises… Ils n’ont pas de vivres et dorment à même le sol, y compris les femmes allaitantes avec leurs bébés et les femmes enceintes, sans couverture ni nourriture. Dans un site où résident environ 200 personnes, il n’y a aucune latrine », explique-t-elle.
Les conséquences sont dramatiques, avec au moins trois décès parmi les déplacés signalés chaque semaine. Avec la saison des pluies dans cette région, Florence Bamutupe craint une hausse des maladies diarrhéiques et une détérioration de l’état nutritionnel, en particulier chez les femmes et les enfants de moins de cinq ans.
Malgré la présence de missions humanitaires qui tentent de fournir de l’aide, l’augmentation constante du nombre de déplacés rend l’assistance actuelle insuffisante.
« Leur nombre croît de jour en jour et, à mesure qu’il augmente, l’aide paraît insuffisante », ajoute-t-elle.
Face à cette situation alarmante, elle appelle à une mobilisation humanitaire accrue, notamment via la coordination des actions humanitaires des Nations Unies (OCHA), pour prévenir une catastrophe. Elle invite également le gouvernement à rétablir la paix dans les zones affectées par l’occupation du M23.
Jackson SIVULYAMWENGE
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