
Trois services de l’État sont suspendus jusqu’à nouvel ordre à Cantine dans le groupement Baswagha-Madiwe, territoire de Beni (Nord-Kivu). L’annonce a été faite par la délégation du gouverneur dépêchée dans cette entité après une série de journées sans activités décrétée par les opérateurs économiques de la place. La société civile, contactée par La Voix de l’UCG ce jeudi 4 décembre 2025, se réserve le droit d’appeler à de nouvelles journées ville-morte si une solution durable n’est pas trouvée.
D’après Cheche Aliamini, président de la société civile locale, l’entité de Cantine compte actuellement plus de dix services de contrôle des taxes. Comme si cela ne suffisait pas, trois autres ont été ajoutés à ceux qui existaient déjà. Il cite notamment les services de la Police Judiciaire près le Parquet de Grande Instance, la Police de Lutte contre les Crimes Économique et Financier, ainsi que l’Office pour la Bonne Gouvernance et de Lutte contre la Corruption (OBLC). Bien que ces services soient encore présents à Cantine, ils ne fonctionnent plus en attendant la décision finale de l’autorité provinciale du Nord-Kivu.
« Tout évolue bien maintenant à Cantine, sauf que les services cités. Il y a la Police Judiciaire près du Parquet de Grande Instance qui venait de s’installer et circulait dans les boutiques. Il y a la Police de Lutte contre le Crime Économique et Financier. Également, il y avait aussi l’OBLC qui était aussi dotée. Jusque-là, ils sont encore à Cantine. C’est là maintenant que nous attendons la réaction de l’autorité provinciale pour se prononcer et voir quelle sera la bonne réaction par rapport à la réclamation des opérateurs économiques de Cantine ».
Pendant ce temps, la société civile pense que le gouvernement devrait prendre conscience de la souffrance qu’endurent les habitants du territoire de Beni, orchestrée par l’insécurité. Ainsi, son président, Cheche Aliamini, estime que le gouvernement provincial devrait soulager la population en interdisant le fonctionnement de certains services. Sinon, la société civile menace de descendre dans les rues.
« On doit multiplier des stratégies pour que la voix puisse s’entendre et que les réclamations des opérateurs économiques puissent être respectées. Parce qu’ils sont là, vous savez que la vie que nous menons dans le territoire de Beni… les opérateurs économiques vivent dans l’insécurité permanente, ils sont cibles de plusieurs bandits main armée, ils sont pillés tous les jours. À plus, on augmente les services pour les coincer… Ça freine en fait le développement économique dans la région. Alors, si on ne parvenait pas à répondre à la réclamation des opérateurs économiques de Cantine, je vous rassure qu’on aura à multiplier d’autres stratégies jusqu’à ce que les autorités vont comprendre combien de fois que les opérateurs de Cantine souffrent. Ils ont aussi besoin de répondre à leurs réclamations ».
Il sied de signaler que les opérateurs économiques de Cantine, en collaboration avec la société civile locale, ont organisé du samedi au mardi 2 décembre dernier, des journées sans activités. La grève a été levée le mardi dans l’après-midi après une rencontre avec la délégation du gouvernorat. Cependant, la cheffe de cette délégation, l’auditrice provinciale de l’OBLC, Bosongo Baendo Cathy, a promis un changement des fonctionnaires de ces services et non leur suspension.
Glodi Mirembe
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