Butembo : 70 décès depuis janvier 2024 à la prison de Kakwangura

Au total, 70 prisonniers sont décédés dans la prison urbaine de Butembo entre janvier et septembre 2024. Parmi ces personnes décédées, 5 ont trouvé la mort la semaine dernière, soit du 8 au 15 septembre 2024. Se confiant à la presse après une visite guidée des journalistes ce mardi 17 septembre à l’intérieur de la prison, M. Nsinga Malago Augustin, directeur de cette prison dite Kakwangura, appelle entre autres à l’accélération des jugements pour désengorger cette maison carcérale.
Des prisonniers entassés dans les pièces, d’autres amassés dans les couloirs en position debout, incapables de s’asseoir ou même de se coucher à cause de la surpopulation : telle est la situation à la prison urbaine de Butembo. Avec une capacité d’accueil de 200 personnes, elle abrite actuellement 1 304 détenus, une situation souvent à l’origine des décès par manque d’oxygène, explique M. Nsinga Malago Augustin.
« La prison, qui a une capacité de 200 détenus, abrite aujourd’hui 1 304 personnes. Il n’y a pas d’espace, il n’y a pas d’oxygène. Même si vous leur donnez à manger trois fois par jour, même si vous les soignez, il n’y a pas d’espace, il n’y a pas d’oxygène. Vous comprenez que c’est tout un problème », déplore-t-il.
En conséquence, 70 décès ont été enregistrés entre janvier et septembre. Ces prisonniers sont morts soit en prison, soit à l’hôpital général de référence de Kitatumba, dont 5 morts la semaine dernière seulement.
« Les détenus malades sont transférés et soignés à l’hôpital général de référence de Kitatumba. Cependant, parfois, ils nous les ramènent avant qu’ils ne soient complètement guéris. En revenant en détention, ils succombent à nouveau à leurs maladies, en raison du mauvais traitement à l’hôpital de Kitatumba, mais aussi du manque d’oxygène et d’espace en détention », explique le directeur de la prison.
De plus, la prison ne reçoit la subvention de la part de l’État congolais une fois le trimestre , parfois elle peut bénéficier d’un appui de l’hôtel de ville de Butembo pour l’achat de cercueils sans oublier des contributions des confessions religieuses en vivres et non-vivres.
Le bâtiment lui-même est une donation de Mgr Emmanuel Kataliko.Cet établissement pénitentiaire n’a pas été conçu comme une prison. À l’origine, c’était un orphelinat cédé au gouvernement par le défunt évêque catholique Emmanuel Kataliko, paix à son âme. C’est la raison pour laquelle cette prison ne respecte aucune norme internationale.
Accélérer le traitement des dossiers pour désengorger la prison
Pour désengorger la prison, M. Nsinga Malago Augustin recommande l’accélération des jugements. Selon lui, sur plus de 1 300 détenus, seulement 156 personnes ont déjà été condamnées, c’est-à-dire officiellement reconnues comme prisonniers. Il suggère également l’examen des dossiers des personnes détenues pour des faits bénins afin de faciliter leur libération.
Jackson SIVULYAMWENGE
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