Justice : plusieurs obstacles rendent difficile la mise en place d’un tribunal pénal pour la RDC (Richard Ndekeninge)

À ce jour, il est difficile de mettre en place un tribunal pénal international pour la RDC. Selon le Chef des Travaux Richard Ndekeninge, plusieurs difficultés rendent impossible cette mise en place, notamment le coût que cela représente et le manque de clarté du gouvernement congolais pour sa mise en place. Il a déclaré ce mercredi 17 juillet en marge de la journée de la justice pénale internationale.
Pour le Chef des Travaux Richard Ndekeninge, l’idée d’une cour pénale spéciale pour la RDC étant hypothétique, il faudrait plutôt envisager des chambres spéciales pour le Congo. Il estime qu’il y a plusieurs obstacles qui freinent la mise en place de cette chambre, dont le plus grand est la non-clarté du gouvernement congolais dans son plaidoyer, car, selon lui, plusieurs autorités tomberaient sous le coup de la justice que pourrait rendre cette juridiction spéciale.
« Cette option est de plus en plus difficile dans le cas de la RDC parce que les États membres des Nations Unies estiment que cette option est trop coûteuse pour juger quelques dizaines de personnes tout au plus, or dans le cas de la RDC avec des crimes commis depuis 30 ans, il y a plusieurs personnes à juger et cette option n’est pas la plus appropriée. Le deuxième obstacle est la levée du moratoire sur la peine capitale en RDC. Au lieu d’aller vers l’abolition de la peine capitale, on a rétabli son exécution pour certaines infractions et cela mettrait cette juridiction dans une situation extrêmement délicate. Le principal obstacle à ma connaissance, c’est le manque d’engagement et de clarté du gouvernement congolais qui n’exprime pas clairement ce qu’il veut. Le motif est simple, dans les institutions actuelles politiques, judiciaires, militaires, il y a encore des personnes qui pourraient être rattrapées par une telle justice », estime le CT Richard Ndekeninge.
Ce chercheur a tout de même rappelé que plusieurs organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme mènent des plaidoyers pour une justice transitionnelle menée notamment par le Docteur Denis Mukwege pour la mise en place d’un mécanisme de répression des auteurs des crimes commis ces dernières années et la réparation des victimes.
Rappelons que la journée mondiale de la justice internationale, qui a lieu le 17 juillet de chaque année, vise à sensibiliser le public au rôle de la justice pénale internationale, et à marquer l’importance du soutien qu’il convient d’accorder aux victimes de crimes de guerre, crimes d’agression, crimes contre l’humanité, et de génocide.
Ismaël Kabuyaya
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