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Sommet EAC-SADC : l’absence d’un caractère coercitif vis-à-vis des acteurs fragilise la crédibilité de ces résolutions (Analyse)

Les chances de la mise en œuvre effective des résolutions issues du sommet conjoint de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), tenu le week-end dernier à Dar es Salaam, sont loin d’être optimistes. En cause, l’absence d’un caractère coercitif vis-à-vis des acteurs concernés. C’est ce qu’opine Frédéric Amani, chercheur en relations internationales et associé à la faculté des sciences politiques de l’Université de Lubumbashi.

En premier lieu, le chercheur mentionne l’absence de mesures coercitives à l’encontre des parties en conflit. À l’en croire, sans une pression concrète sur les belligérants, il est peu probable que les résolutions aient un impact réel. Deuxièmement, poursuit-il, le sommet n’a pas clairement abordé la question du soutien apporté par le Rwanda et l’Ouganda aux rebelles du M23, un soutien souvent pointé du doigt par le gouvernement congolais et par des rapports d’experts des Nations unies. Or, selon lui, l’absence de mesures concrètes pour traiter cette situation fragilise davantage la crédibilité des résolutions, d’autant plus que la communauté internationale reste faiblement impliquée.

« De mon point de vue, je pense que les trois éléments mis en exergue conditionnent l’application des recommandations. Mais dans le cas contraire, elles risquent de rester lettre morte. Malheureusement, c’est la population de l’Est qui risque d’en payer le prix », craint-il.

Retenez qu’à l’issue du sommet conjoint EAC-SADC tenu le week-end dernier en Tanzanie, les deux organisations sous-régionales se sont contentées de condamner timidement l’implication du Rwanda dans la déstabilisation de l’Est de la RDC, contrairement à ce qu’attendait le gouvernement congolais. Concernant le retrait des rebelles des zones occupées, rien de concret n’a été mentionné.

Elisha Kindy

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