
L’Association Nationale des Écoles Privées Agréés, (ASSONEPA) section de Butembo s’oppose à l’idée d’accompagner les enseignants du secteur public dans leur grève déclenché depuis le 02 septembre dernier. Les membres de cette association qui regroupe les gestionnaires des écoles privées agréés se sont ainsi exprimés en réaction à l’appel de la synergie des forces sociales de Butembo, qui a demandé aux écoles privées de suspendre les activités scolaires en guise de solidarité avec les enseignants grévistes.
Dans une déclaration rendue publique ce vendredi 18 octobre, l’ASONEPA rappelle que les enseignants du secteur privé ne sont pas pris en charge par le gouvernement congolais, mais plutôt par les parents d’élèves. Ainsi, elle dénonce ce qu’elle qualifie de menaces de certains politiciens qui veulent récupérer le mouvement de grève des enseignants des écoles primaires publiques pour un positionnement politique.
Selon les membres de cette association, les proches de ces politiciens menacent d’attaquer les écoles privées sous prétexte qu’elles n’ont pas solidarisé avec les enseignants grévistes.
“Les membres de l’Association nationale des écoles privées agréés, tout en reconnaissant la constitutionnalité de la grève et que les collègues enseignants grévistes manifestaient pacifiquement, s’indignent des propos divisionnistes tenus par l’un des invités politiciens en recherche de nouveau d’un positionnement politique. Nous demandons aux autorités scolaires ainsi que politico-administratives d’avoir un œil regardant sur ce danger qui guète nos écoles privées agréées, de peur que la ville ne puisse plus connaitre une situation similaire à celle de l’IBTP et Malkia wa Mbingu et autres”, peut-on lire dans leur déclaration.
Réaction aussi du Directeur de la province éducationnelle Nord-Kivu II. Devant la presse ce vendredi 18 octobre, Chambali Shalumoo Salomon appelle les enseignants à ne pas se faire manipuler par des gens qui ont des intérêts égoïstes, allusion faite aux militants de mouvements citoyens et groupes de pression.
S’adressant aux enseignants qui ne sont pas en grève, il assure quant à leur sécurité.
« Nous demandons aux enseignants d’être calmes. Et chaque fois qu’il y aura des problèmes sécuritaires, il y a des agents de l’ordre dont je ne fais pas partie. Nous avons les militaires, nous avons la police, nous avons la population, les parents d’élèves, qui doivent sécuriser les enseignants lorsque ces enseignants sont entrés d’encadrer les enfants. Donc il ne faudra pas que les enseignants soient étouffés par les gens qui ont des intérêts égoïstes. Les enseignants qui hésitent de reprendre le chemin de l’école, nous devons leur dire que ce n’est pas à la maison où ils auront des solutions ».
Pour rappel, la synergie des forces sociales de Butembo a, dans une conférence de presse, annoncé une campagne « Zéro Uniforme » en ville de Butembo, à partir du lundi 21 octobre 2024.
Devant la presse vendredi dernier, Frank Mukenzi, porte-parole de cette synergie, souligne que cette campagne concerne au même moment les écoles publiques et privées, les écoles primaires et secondaires. Le but est, selon lui, d’accompagner les enseignants dans la lutte pour l’amélioration de leurs conditions de vie et les enfants qui doivent recevoir une éducation de qualité.
Jackson SIVULYAMWENGE.
Partager:



