Nord-Kivu : Reprise du trafic sur la route Butembo-Goma, les usagers satisfaits
Le trafic reprend progressivement sur la route Butembo-Goma, passant par Kirumba et Kanyabayonga au Nord-Kivu. Depuis quelques mois, véhicules et moto-taxis circulent paisiblement dans les territoires de Lubero, Rutsuru et Nyiragongo, sous contrôle de la rébellion de l’AFC/M23, ainsi que dans la chefferie de Baswagha, encore tenue par l’armée loyaliste.
À l’entrée du bureau de l’agence Kivu Original Express situé sur le boulevard Joseph Kabila, Charlotte Uzima est assise sur un banc. Visiblement fatiguée, elle fait partie d’une dizaine de passagers arrivés cette nuit à Butembo en provenance de Goma.
« Je viens de Goma, nous sommes arrivés hier soir à 21 heures. La situation sur la route est bonne, nous avons bien voyagé et croisé d’autres véhicules et motos en sens inverse. La circulation se passe bien », témoigne-t-elle.
Grâce à la relative accalmie observée ces derniers mois sur le front Nord, les responsables d’agences de voyage et leurs passagers n’hésitent plus à emprunter cette route, comme le confirme Sadiki Mwendapole, chauffeur à l’Agence Isale Coach Safari :
« Il y avait beaucoup de crainte auparavant. Les passagers hésitaient et les agences avaient peur d’envoyer leurs véhicules sur cette route, susceptibles d’être incendiés ou perquisitionnés. Mais désormais, tout se passe bien, surtout pour les trajets quittant Goma. »
Au moins quatre véhicules quittent chaque jour Butembo pour Goma avec des passagers à bord. Matumo Saliki, chargé de marketing à l’agence Kivu Original Express, se dit satisfait :
« Le trafic est bon et les voyages se déroulent sans difficulté. Avec d’autres agences, nous faisons partir entre 3 et 4 voitures par jour vers Goma. Ceux venant de Goma sont également nombreux. Certains sont pris après Bukavu pour être acheminés vers Butembo, Beni, Bunia ou même Kisangani. »
Le coût pour un passager quittant Butembo vers Goma est de 50 dollars US, un tarif considéré comme avantageux par rapport aux nombreuses formalités exigées à la frontière pour ceux passant par l’Ouganda.
« La différence est énorme, car ici tout se fait facilement et il n’y a pas besoin de passeport ou autres documents. Les Congolais veulent voyager dans leur pays et les autorités doivent faciliter ces déplacements au lieu d’imposer un détour par l’Ouganda », ajoute-t-il.
Depuis la signature, en juillet dernier, de la déclaration de principes entre le gouvernement et les rebelles de l’AFC/M23 sous médiation du Qatar, les deux parties respectent un cessez-le-feu sur certaines lignes de front, notamment sur le Front Nord allant de Kibumba à Kitsombiro sur la RN4.
Jackson Sivulyamwenge
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