
L’ancien gouverneur du Nord-Kivu revient sur les événements militaires et politiques de 2008, 2009 et 2012, qu’il estime essentiels pour comprendre les origines et les dynamiques de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
RDC, lundi 12 octobre 2026 — L’ancien gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, a vivement critiqué l’ancien président Joseph Kabila dans une tribune qu’il affirme avoir publiée le dimanche 11 octobre 2026. À travers cette prise de position, il revient sur plusieurs épisodes militaires et politiques qui ont marqué l’histoire récente de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), tout en soulevant la question des responsabilités des dirigeants dans la persistance des conflits armés.
Dans son argumentaire, Julien Paluku exprime sa déception face à l’évolution de la situation politique et sécuritaire du pays. Il s’interroge sur le parcours de Joseph Kabila et sur ce qu’il considère comme des contradictions entre certaines positions politiques défendues par le passé et les événements qui continuent de secouer l’Est congolais.
L’ancien gouverneur aborde également les critiques adressées à certains acteurs politiques qui ont, à un moment donné, accompagné Joseph Kabila dans la conduite des affaires publiques. Il rejette les interprétations qui réduisent leur engagement passé à une simple recherche de postes ou d’intérêts personnels. À ses yeux, les choix politiques et les événements historiques doivent être examinés dans leur contexte pour mieux comprendre les responsabilités des différents protagonistes.
Les événements de 2008 au cœur des interrogations
Pour étayer son analyse, Julien Paluku revient notamment sur les affrontements survenus en 2008 dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Il évoque une décision d’interrompre les combats alors que les forces impliquées étaient encore engagées sur le terrain.
Selon son récit, cette décision aurait provoqué des tensions au sein de certains éléments militaires. Il établit également un lien entre cet épisode et la progression des combats jusqu’aux abords de Goma, sans que les forces concernées ne pénètrent dans la ville.
Ces événements constituent, dans son analyse, des éléments importants pour comprendre les dynamiques militaires et politiques qui ont contribué à l’instabilité persistante dans la région. Les circonstances exactes de ces décisions et les responsabilités des différents acteurs méritent toutefois d’être confrontées aux archives et aux témoignages disponibles.
Les opérations militaires de 2009 remises en perspective
Julien Paluku revient ensuite sur les opérations militaires menées en janvier et février 2009, dans le contexte des accords conclus entre les autorités congolaises et leurs partenaires régionaux.
Il s’interroge sur les conditions de déroulement de ces opérations ainsi que sur leur durée, estimant que certains aspects soulèvent des questions quant aux objectifs effectivement poursuivis. Son analyse invite ainsi à réexaminer les choix politiques et militaires opérés à cette période, notamment au regard de leurs conséquences sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Sans constituer, à elles seules, une démonstration des responsabilités qu’il suggère, ces interrogations s’inscrivent dans un débat plus large sur la gestion des alliances régionales et les stratégies adoptées par les autorités congolaises face aux groupes armés.
Goma en novembre 2012 : un autre épisode évoqué
L’ancien gouverneur fait également référence aux événements de novembre et décembre 2012 à Goma, lorsque la ville était au centre d’une grave crise sécuritaire liée à l’avancée du mouvement rebelle M23.
Pour Julien Paluku, ces événements doivent être replacés dans leur contexte politique et militaire afin de mieux comprendre les dynamiques qui ont marqué le Nord-Kivu au cours des dernières décennies. Il considère que l’examen de ces épisodes permet d’aller au-delà des controverses personnelles et d’interroger les décisions prises par les dirigeants à différents moments de l’histoire récente du pays.
Une relecture de l’histoire pour comprendre la crise actuelle
À travers cette tribune, Julien Paluku appelle, en filigrane, à une relecture des événements passés pour éclairer les enjeux de la crise sécuritaire actuelle. Son propos traduit également son amertume face à ce qu’il considère comme un échec des espoirs placés dans certains acteurs politiques.
Au-delà de la confrontation entre personnalités politiques, cette prise de position remet sur la table une question fondamentale : quelles responsabilités les dirigeants congolais ont-ils assumées dans l’évolution des conflits armés à l’Est de la RDC, et quelles conséquences leurs choix politiques et militaires ont-ils entraînées ?
Les éléments avancés par Julien Paluku relèvent toutefois de son analyse et de son interprétation des événements. Les faits historiques évoqués, les circonstances des décisions militaires et les responsabilités attribuées aux différents protagonistes doivent être confrontés à des sources indépendantes, aux archives et aux témoignages disponibles avant de pouvoir être établis de manière définitive.
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