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AFC/M23 : un chercheur d’Ebuteli décrypte les nouvelles ambitions de la rébellion dans une dynamique politique et militaire

 Le courant politique et militaire qui évoluent au sein du mouvement politico-militaire AFC/M23 expliquent en partie l’évolution rapide des objectifs de cette rébellion, telle que décrite dans le récent rapport publié par le Groupe d’experts des Nations unies. C’est l’analyse d’Idelphonse Bwakyanakazi, chercheur et gestionnaire des données dans le cadre du projet Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) à Ebuteli, un institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence.

D’emblée, ce nouveau rapport du Groupe d’experts des Nations unies démontre que l’AFC/M23 ne chercherait plus uniquement à défendre des revendications sécuritaires ou communautaires, mais poursuivrait désormais un objectif politique plus large. Les experts estiment que la rébellion s’est progressivement transformée en une véritable structure politico-militaire, dotée d’une administration parallèle et porteuse d’un projet politique de long terme.

Selon le rapport, la rébellion viserait soit le renversement du régime de Kinshasa, soit la création d’une entité autonome baptisée « République fédérale du Congo ». Le mouvement chercherait également à obtenir une reconnaissance politique dans le cadre des différents processus de négociation en cours dans la région et ambitionnerait de constituer sa propre force armée, plutôt que de voir ses combattants intégrés aux FARDC, comme ce fut le cas lors d’accords antérieurs.

Pour Idelphonse Bwakyanakazi, chercheur et gestionnaire des données dans le cadre du projet Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) à Ebuteli, toutes ces ambitions sont portées par deux courants distincts : un courant politique et un courant militaire.

« La dynamique du M23 que nous suivons depuis le début, depuis la relance de ce mouvement, montre qu’il y a deux courants qui s’affrontent en son sein. Il y a le courant qui veut d’abord consolider le pouvoir dans les zones déjà occupées. C’est essentiellement le courant militaire, notamment Makenga et ses proches. Il y a aussi le courant politique, composé des responsables politiques, notamment Nanga et d’autres, qui portent une ambition nationale. Leur objectif est de renverser le régime et d’installer un nouveau pouvoir. Depuis longtemps, ces deux courants coexistent. Mais avec l’évolution de la situation, on constate que le courant militaire semble prendre le dessus. Cela explique pourquoi l’on observe de moins en moins d’attaques et d’avancées des rebelles du M23 sur le terrain. En revanche, on assiste à une consolidation de leur administration et de leur emprise sur les territoires déjà conquis. »

Face à cette dynamique interne au mouvement politico-militaire, le chercheur invite Kinshasa à renforcer davantage son action diplomatique, tout en procédant à une réorganisation de son dispositif militaire sur le terrain.

Elisha Kindy

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