Butembo : sans équipements ni prise en charge, des balayeurs dénoncent leurs conditions de travail

Les balayeurs de Butembo, au Nord-Kivu, soutenus par la dynamique Sekera, ont initié une pétition dénonçant le traitement dégradant dont ils se disent victimes. Le maire de Butembo est largement cité dans cette affaire. Adressée au gouverneur du Nord-Kivu, le général Evariste Kakule Somo, cette pétition vise à solliciter son implication. Il s’agit de la deuxième démarche du genre après une première pétition restée sans réponse auprès de l’autorité urbaine. Cette nouvelle pétition a été initiée et signée au cours d’une conférence organisée ce dimanche 24 mai 2026 par la dynamique Sekera au Centre d’accueil Jolie Rêve 1.
Au cours de cette rencontre, des balayeurs, hommes et femmes, ont dressé un tableau sombre de leurs conditions de travail. Entre salaires dérisoires et irréguliers, traitements inhumains de la part de certains clients, absence d’équipements de protection et nouvelles réglementations imposées par la mairie de Butembo, ces agents d’assainissement plaident pour l’accompagnement de l’autorité provinciale.
Dans une interview accordée à la presse à l’issue de la conférence, Maître Sekera, coordonnateur de cette dynamique, s’est porté garant de la défense de cette catégorie qu’il considère comme marginalisée et fortement exposée.
« Je suis infatigable. Nous venons de saisir l’autorité provinciale ; c’est peut-être elle qui saura convaincre le maire, car ce n’est pas la première fois que nous menons une telle action. Ce sont des mamans et des papas responsables qui s’engagent pour la propreté de la ville, mais le traitement qui leur est réservé est dérisoire. Avec 10 ou 20 dollars par mois, c’est inconcevable. Sinon, à quoi sert la taxe “ville propre” ? », s’est-il interrogé.
Parmi les participants, certaines femmes balayeuses ont témoigné des difficultés rencontrées dans leur travail. Elles affirment manipuler régulièrement des déchets en décomposition, parfois mélangés à des urines et à d’autres matières insalubres abandonnées dans les immondices.
À travers leur pétition, les signataires demandent au gouverneur d’instruire les autorités urbaines à doter les agents d’assainissement de matériels adéquats, notamment des gants, bottes, salopettes, brouettes et balais, afin de leur permettre de travailler dans de meilleures conditions.
Ils sollicitent également la suppression de la caution imposée aux balayeurs et plaident pour que les recettes issues de la taxe d’évacuation des immondices soient entièrement affectées au service d’assainissement.
Selon les organisateurs, plusieurs de ces balayeurs sont des déplacés de guerre ayant fui les violences et massacres attribués aux rebelles ADF.
Elisha kindy
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