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Crise collective en RDC : l’abbé doctorant Vakatsuraki Fortuné prône l’implication citoyenne dans les décisions de l’État

Le congolais semble avoir perdu la confiance aux institutions gouvernementales, ce qui justifie la crise de « sens collectif » en République démocratique du Congo. C’est l’analyse faite par l’abbé Vakatsuraki Fortuné, chercheur en doctorat à l’Université Laval au Québec sur les causes profondes des crises au pays, lors du colloque international et interuniversitaire en ville de Butembo.

Le chercheur démontre que la République démocratique du Congo traverse actuellement la crise de sens collectif, qui est, à l’en croire, l’absence d’un récit commun qui unit le peuple congolais.

L’abbé Vakatsuraki Fortuné indique que le point commun entre congolais  n’existe plus, au vu du disfonctionnement du système socioéconomique, politique et sécuritaire de la RDC. Comme conséquence, les autorités et les habitants se plongent dans l’individualisme, formant ainsi une société à double vitesse.  

« On est congolais, mais c’est comme si le Congo n’existait pas. Il y a juste des Congolais, mais sans Congo. On a perdu une sorte de confiance dans les institutions. Or, l’État, c’est une institution. Je parlais d’une société à double vitesse. D’un côté, il y a les élites : le président de la République, son cabinet, les députés, les sénateurs. Et de l’autre côté, il y a des millions de Congolais qui sont très, très loin de ces élites-là et ne savent plus se reconnaître en elles. Parce que ces élites sont là, pratiquement, presque uniquement pour leurs intérêts personnels, alors que le peuple, lui, voudrait profiter des biens de l’État et ne sait pas comment. Si vous regardez, par exemple, le problème des routes, le problème des soins médicaux, le problème de la scolarisation : on crie, mais c’est comme si personne ne nous entendait », déplore-t-il.

Pour sortir la République démocratique de cette crise du sens collectif, l’abbé Vakatsuraki Fortuné, pense que les élites au service du peuple doivent bien exercer leur travail.

Pendant ce temps, les habitants doivent aussi œuvrer pour développer le pays tout en participant aux décisions de l’État.

« Comme pistes de solution, il faut qu’on retrouve ce sens-là du collectif, et ce que j’ai appelé le sens du bien commun. Quand on saura que le Congo nous appartient à nous tous, c’est notre bien, alors ceux qui servent, les élites, ils pourront dire : il faut que le reste du peuple profite aussi de ce que l’État peut donner. Et le peuple aussi, de son côté, il faut qu’il sache que, bon, oui, le Congo c’est notre bien à nous tous. Qu’est-ce que moi je peux faire aussi à mon niveau ? Parce qu’il y a aussi les responsabilités partagées. Chacun, à son niveau, peut dire : le Congo c’est aussi mon pays, alors qu’est-ce que je fais pour ce Congo-là ? Et ceux qui sont preneurs de décisions aussi doivent savoir dire : est-ce que la décision que nous prenons va profiter également au peuple ? », propose-t-il.

Le chercheur en doctorat s’inquiète que la population s’inquiète moins de leurs droits et devoirs, et ne fasse que se concentrer sur leur survie.

Glodi Mirembe

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