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J.I de la blague et du rire : «  tout rire n’est pas normal, il peut-être pathologique » (psychologue Kisuki)

Tout rire n’est pas normal ; il en existe un qui est pathologique. Il se manifeste surtout hors de tout contexte ou de toute circonstance appropriée. C’est ce que rapporte le psychologue clinicien Kambale Kisuki, œuvrant au Centre de protection des indigents et malades mentaux (CEPIMA). Nous l’avons rencontré à l’occasion de la Journée internationale de la blague : Rire pour un monde meilleur, célébrée chaque 1er juillet. Le psychologue conseille une surveillance mutuelle entre proches afin d’orienter les personnes présentant des éclats de rire anormaux vers des centres de prise en charge.

Le psychologue Kambale Kisuki indique tout d’abord que les rires en décalage avec les événements en cours révèlent un risque élevé de pathologie liée à une maladie mentale. Il donne l’exemple d’une personne qui se met à rire aux éclats lors d’un deuil, alors que tout l’entourage est en pleurs.

Il évoque également l’euphorie, souvent accompagnée hallucinations : « C’est-à-dire que la personne voit des images et entend des voix que les autres ne perçoivent pas ».  Le spécialiste précise qu’il s’agit souvent d’une conséquence directe de la consommation d’alcool et de drogues.

« Cet effet, on va dire à la prise de substances psychoactives, c’est-à-dire la prise de drogues, du chanvre, soit il peut prendre de l’alcool, alors ça va déséquilibrer son état mental et ça va le laisser qu’il peut se développer certains signes comme les hallucinations, même il peut présenter des délires de grandeur, peut se glorifier, se disant que c’est moi tel, or ce n’est pas ses appellations. Là, on va dire que c’est déjà un malade mental compte tenu des signes qu’il est en train de présenter. Par exemple, on est en train d’aller enterrer une personne, beaucoup de gens sont en train de pleurer, mais lui va se mettre à rire. Là, on va dire que ce n’est plus normal, c’est déjà pathologique. On doit découvrir que la personne est troublée par rapport au rire, c’est lorsque la personne ne marie pas les événements par rapport aux situations actuelles ».

Par la même occasion, le psychologue Kambale Kisuki invite la communauté à toujours veiller sur ses proches en observant, entre autres, leur manière de rire. D’autres signes peuvent en effet accompagner ce rire hors contexte : l’insomnie (le manque de sommeil), l’anorexie, les rêveries prolongées et tant d’autres symptômes. En présence de ces signaux, le psychologue conseille d’orienter rapidement la personne vers des centres psychiatriques.

« Et lorsqu’on identifie telle personne présentant des rires immotivés, soit des rires pathologiques, il doit consulter psychologue, doit aller au soin, se faire consulter et voir comment de l’orienter par rapport à ce qu’il constate comme problème. S’il prend des boissons fortement alcoolisées, soit s’il a connu un problème, alors on va voir comment orienter le patient, lui donner même du traitement pour qu’il puisse se ressaisir. La personne qui présente des rires peut présenter aussi d’autres signes à part les tendances euphoriques, peut présenter aussi des insomnies, puisqu’il a déjà trouvé des troubles mentaux, peut chaque fois sommeiller tardivement, soit ne pas même trouver un peu du sommeil pendant certains moments. Il peut aussi présenter des anorexies, peut aussi présenter des rêveries. Donc, vous pouvez voir une personne va rêver à cause d’un secte. Il y a d’autres qui vont présenter des cauchemars et d’autres peuvent présenter des de l’oubli exagéré, une perte exagérée ».

Pour rappel, la Journée internationale de la blague : Rire pour un monde meilleur, vise à promouvoir le rire comme un puissant vecteur de bien-être mental et physique, tout en renforçant la cohésion sociale et en apaisant les tensions du quotidien.

Glodi Mirembe

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