Lubero : le colonel Kiwewa Alain dit ne pas être concerné par l’appel exigeant sa démission

Troisième journée de paralysie des activités ce mercredi 6 mai dans la commune de Lubero, chef-lieu du territoire de Lubero, au Nord-Kivu. La tension reste vive après l’assassinat de deux civils, un taximan et sa cliente, enlevés le 30 avril dernier et dont les corps ont été retrouvés trois jours plus tard, enterrés dans un camp du groupe armé Wazalendo FAR à Kimbulu.
En colère, les forces vives locales exigent le départ de l’administrateur du territoire de Lubero, le colonel Mitela Kiwewa Alain, qu’elles qualifient d’incompétent. Mais l’intéressé affirme ne pas être concerné, estimant que la société civile à l’origine de cette action relève de la commune et non du territoire.
Sur place, la situation est restée figée ce mercredi, comme lors des deux journées précédentes. Le Réseau des taximen du Congo (RETAC) et la société civile de Lubero ne décolèrent pas. Lundi dernier, ces forces vives ont posé des conditions strictes avant toute inhumation des victimes. Elles exigent notamment le départ de l’administrateur du territoire et une rencontre entre le gouverneur militaire du Nord-Kivu et la population afin d’aborder la question sécuritaire.
Visiblement réservé, l’administrateur du territoire de Lubero renvoie toute responsabilité aux initiateurs du mouvement. Il affirme n’avoir « aucun commentaire » à faire, estimant que la société civile à l’origine de cette action relève de la commune et non du territoire.
« Je pense que cette société civile est au niveau de la commune. Il faudrait peut-être poser la question au bourgmestre, parce que cela ne concerne pas le territoire. Le territoire a sa propre société civile ; ce n’est pas celle de la commune. C’est pourquoi je dis que je n’ai pas de commentaire à faire à ce sujet. Donc, posez la question aux initiateurs », a-t-il réagi lors d’un entretien téléphonique avec La Voix de l’UCG.
Initiée au départ comme une journée « sans taxi » par les forces vives locales, la mobilisation a rapidement été suivie par d’autres couches sociales. Les motos-taxis demeurent quasi absentes sur les principales rues et avenues, tandis que les boutiques et plusieurs autres services ont gardé portes closes.
Jackson Sivulyamwenge
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