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Marie-Antoinette Masika Kazimoto : 48 ans de passion et de fidélité à la craie

Après 48 ans de services rendus à la communauté à travers l’enseignement, Marie-Antoinette Masika Kazimoto reste engagée et fidèle à la craie pour transmettre ses connaissances aux apprenants. Elle reconnaît à ce métier plusieurs avantages sociaux, bien que le salaire versé par le gouvernement soit maigre. Tout en encourageant les jeunes enseignants à la fidélité dans cette carrière, elle plaide pour l’amélioration des conditions salariales des enseignants.

Marie-Antoinette Masika Kazimoto, enseignante à l’école primaire Vutetsi, est une mère de famille d’une soixantaine d’années. C’est en 1987 qu’elle s’est lancée dans la carrière de l’enseignement, à l’école primaire Muhandi, située dans le territoire de Lubero, peu avant de se déplacer en ville de Butembo, à l’EP Vutetsi où elle œuvre actuellement. Enfant d’un enseignant, elle se remémore encore le bon vieux temps dont son père lui parlait concernant le noble service de l’enseignement.

Marie-Antoinette Kazimoto renseigne que, quelques années avant qu’elle ne se lance dans cette carrière, elle faisait partie des nantis à l’époque du Zaïre, sous le règne de Mobutu. Elle regrette que les choses aient changé, voire empiré, au fil des années. Elle pointe du doigt la mauvaise gestion du pays par les politiques.

« À l’époque, moi je n’ai pas connu l’époque de Mobutu où on avait le salaire qui était suffisant, car j’ai commencé au moment où les salaires n’étaient plus améliorés. Mais c’est mon père qui m’avait dit, au moment où il était enseignant : « Les enseignants vraiment, c’était les grands patrons ». Le jour de fête, ce sont eux qui étaient les premiers à la boucherie en achetant de grands morceaux de viande. Or aujourd’hui, c’est le contraire pour l’enseignant », regrette-t-elle.

L’enseignante se dit fière de son travail. Sa joie réside dans le fait de revoir ses apprenants ayant évolué dans divers domaines de la vie.

Sourire aux lèvres, cette professionnelle de la craie révèle que seul l’amour qu’elle porte à ce métier la maintient depuis 48 ans dans l’enseignement. Son vœu est de continuer la formation des enfants à l’école primaire jusqu’à la fin de ses jours.

« Je suis fière de ce métier quand même. Quand ils me voient en chemin, les écoliers que j’ai enseignés et leurs enfants, ils me remercient beaucoup, même en disant : « Vous m’avez bien enseigné ». Alors moi aussi je suis fière. C’est par amour. C’est un beau métier, car c’est l’enseignant qui prépare les prêtres de demain, le ministre, le président… Donc toute fonction. Quelqu’un ne peut exercer sans passer par les mains de l’enseignant », rappelle-t-elle.

Elle pense que les jeunes enseignants qui se lancent après leurs études universitaires devraient aimer ce métier pour pérenniser une éducation de base de qualité. Marie-Antoinette Kazimoto encourage ces enseignants à être patients et à revendiquer leurs droits auprès du gouvernement pour l’amélioration de leurs conditions.

« Actuellement, les jeunes revenant des différentes écoles ne sont plus fiers. Pourquoi ? À cause du salaire qui est médiocre. Et le travail d’enseignant, c’est un travail difficile. Les préparations après cours, ça dure longtemps, et on ne peut plus faire d’autre service à part que celui-là. Ces jeunes qui se lancent dans ce métier doivent supporter et doivent quand même revendiquer pour que, un jour, on puisse augmenter le salaire d’un enseignant et pour qu’il puisse vivre aisément dans la vie, sans difficulté », a-t-elle recommandé.

Signalons que, depuis les années 80, les conditions salariales des enseignants se sont dégradées. Certains enseignants rapportent qu’à l’époque de Mobutu, ce secteur était déjà considéré comme la cinquième roue du carrosse au pays.

Glodi Mirembe

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