Nord-Kivu : l’insécurité vulnérabilise davantage les personnes âgées

Les personnes âgées ainsi que leurs familles sont sensiblement affectées par l’insécurité grandissante dans la partie Grand Nord de la province du Nord-Kivu. Cette catégorie des personnes, déjà affaiblies par l’âge, sont davantage vulnérabiliser par les conflits armés les précipitant à la mort. En marge de la journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées, célébrée mardi 24 juillet, certaines d’entre elles ainsi que leurs tutelles racontent leur calvaire.
Kavira Aline, une trentaine, enceinte de son état, raconte le calvaire qu’elle a vécu pendant sa fuite avec ses grands-parents, âgés respectivement de 75 à 85 ans. Souffrant des rhumatismes, ces vielles personnes ont marché en pieds de Njiapanda-Manguredjipa à Butembo, une distance d’environ 100 kilomètres.
« Nous étions en train de fuir de pas en pas, car elles étaient vraiment fatigués. Nous avions fait les pieds de Njiapanda-Manguredjipa à Butembo. Les vieux sont réellement fatigués et ils sont par la suite tombés malades. Pendant ce temps, le prix du transport a haussé. Une distance pour la quelle ont faisait payé 10 mille francs jadis, ils la faisaient payer à 100 mille francs. Si tu n’as pas ce montant-là tu dois faire les pieds avec les vieux », témoigne –t-elle
Ce récit est similaire à celui de Masika Muhayirwa. Agée de 75 ans, elle a fui le village de Ndalya en province de l’Ituri le lendemain d’une attaque terroriste ADF ayant fait 16 morts l’année passée. Sans moyens de déplacement, elle a pu atteindre Butembo à pied avec sa famille, une souffrance dont-elle se rappelle toujours comme si c’était hier.
« Ce jour-là, nous avions fui après le massacre des civils. Nous avons fait le pied jusqu’à atteindre Butembo par la grâce de Dieu. Je souffre pour cette fatigue après la distance que j’ai parcourue à pieds. C’est la grâce de Dieu qui m’a fait la force de fuir en dépit de rhumatisme que j’ai », explique-t-elle.
Selon de nombreux témoins, sans aucun secours, certaines personnes à mobilité réduite trouvent la mort sur la route en fuyant la guerre. D’autres encore, fatiguées par la guerre, préfèrent rester dans les zones en conflits malgré le secours leur apporter par leurs proches.
Elisha Kindy.
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