Culture

JM de l’art : peindre la douleur pour éveiller les consciences l’arme de Dieu-merci Qohéleth

Si un militaire protège le pays avec son arme, un artiste, lui, le défend avec son art. C’est la conviction de Dieu merci Coelé, un jeune artiste poète et maquilleur évoluant à Butembo, au Nord-Kivu. Il pratique le grimage, une forme de maquillage artistique et expressif sur le corps humain, pour décrire la tragédie sécuritaire dans la partie Est de la République démocratique du Congo.

Vous avez peut-être déjà vu sur les réseaux sociaux ou assisté à des scènes où des personnages présentent des plaies ensanglantées, ou encore des machettes et des couteaux plantés dans le corps ? C’est dans cette orientation artistique proche du réel que le jeune artiste, âgé d’une vingtaine d’années, exprime la douleur des atrocités subies par les populations civiles de l’Est du pays, notamment celles attribuées aux terroristes ADF, affiliés au groupe État islamique, ainsi qu’à d’autres groupes armés actifs.

Il s’est engagé dans cet art en 2017, dans un contexte de forte précarité sécuritaire au Nord-Kivu, soit  trois ans après les premiers massacres de civils à Beni.

« Avant, je faisais de la poésie pour dénoncer la situation vécue dans l’Est de la RDC. Mais comme je préfère des scènes proches de la réalité, je me suis dit qu’au lieu de simplement dire qu’on égorge des femmes et des enfants, il faut montrer comment ces femmes et ces enfants sont décapités sans pitié, afin de captiver l’opinion nationale, régionale et internationale », explique-t-il.

Lauréat du concours national Africa Amekeni dans la catégorie arts plastiques en 2025, puis du Festival du livre et de l’art en 2026, le jeune artiste nourrit désormais de nouvelles ambitions. Il estime qu’il est aussi temps, à travers le même art, de parler d’espoir malgré la crise sécuritaire.

« Il s’agira cette fois de faire le grimage d’une Afrique libre, forte, une Afrique d’une génération forte et légendaire. Parler d’une RDC résiliente, mais aussi apporter cet art produit à Butembo à l’international », affirme-t-il.

La Journée mondiale de l’art a été instaurée en 2012 à l’initiative de l’Association internationale de l’art, avec le soutien de l’UNESCO, afin de promouvoir ce patrimoine culturel.

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