Actualité

Butembo : la FEC plaide pour des journées « ville morte » limitées à quelques heures pour préserver l’économie locale

Les journées « ville-morte » à Butembo devraient se limiter à quelques heures et non s’étendre sur toute la journée. C’est ce que suggère Polycarpe Ndivitho, président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) Butembo, ce lundi 12 janvier 2026, au cours d’un point de presse. Selon lui, les journées « ville-morte » ne profitent pas aux opérateurs économiques dont le commerce repose sur des crédits bancaires pour la plupart.

Selon Polycarpe Ndivitho, également président du Conseil économique et social en RDC, la ville de Butembo dépend majoritairement du commerce. Les journées sans activités, le plus souvent décrétées par des groupes de pression et mouvements citoyens, constituent une entrave pour plusieurs familles. Au-delà de cela, ajoute la FEC, c’est le trésor public, dépendant des taxes, qui en souffre. Il s’agit de millions de dollars perdus par la ville commerciale de Butembo, ainsi que par des familles qui dépendent des revenus journaliers.

«Nous ne sommes pas informés de leur agenda, mais ça nous tombe comme un cheveu dans la soupe. On nous dit : « Non, vous n’ouvrez pas demain ». Lorsque les groupes de pression disent de ne pas ouvrir, de grâce, nous sommes des citoyens congolais. Je vous assure, mes chers frères, bien qu’on ait le sentiment et l’amour de notre pays pour lequel on doit compatir, il faut également penser à la communauté des opérateurs économiques. Nous fonctionnons par des crédits. L’argent qui circule chez le commerçant, ce n’est pas son argent. L’argent de Jerryson, ce n’est le sien; l’argent d’Alpha, ce n’est pas son argent. Pour PALOS et tout le monde, c’est l’argent des banques et d’autres fournisseurs avec lesquels nous avons signé des contrats ».

Pour tenter de lutter contre les conséquences qui découlent des journées sans activités, le président de la FEC/Butembo et président du Conseil économique et social en RDC, estime que les manifestants devraient limiter leur mouvement de grève sur quelques heures de la journée.   

«Lorsque vous dites que vous en avez pour une semaine, et que nous n’allons pas fonctionner, oh mon Dieu ! Les retombées de cette décision par rapport à l’activité économique sont graves. Et pour le pouvoir public ? Il y a des militaires qu’il faut payer, non ? Il faut les armes et les équipements militaires appropriés. Si le commerçant ne paie pas l’impôt, il ne paie pas le fisc, alors le commerçant n’a pas payé ? Bien sûr, ça bloque ! Essayez de limiter cela à des heures, pas à des journées. De telle heure à telle heure, on va prier, on fait une marche parce qu’on a tué les gens. Mais dire « toute une journée ville morte »… Il y en a qui vont jusqu’à trois jours, une semaine, un mois ! La maman qui vient avec sa banane, si elle n’a pas vendu son régime de bananes, elle ne saura pas survivre ».

La ville de Butembo est souvent le théâtre de journées de protestation, qui paralysent les activités socioéconomiques. C’est le cas de ce mardi, décrété sans activités par la synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de Butembo, pour fustiger l’insécurité persistante et réclamer le départ des autorités locales.

Glodi Mirembe

Partager:

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page