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Butembo : flambée de cas de décès à la prison de Kakwangura, la morgue de Kitatumba débordée.

Dix prisonniers de la prison urbaine de Butembo ont trouvé la mort en l’espace de moins de deux semaines, illustrant les très mauvaises conditions carcérales dans cette prison nommée Kakwangura. Certaines organisations de défense des droits de l’homme interpellent le gouvernement congolais par le biais du maire de Butembo.

Jusqu’au mercredi 7 août, neuf corps de prisonniers étaient gardés à la morgue de l’hôpital général de référence de Kitatumba. Débordés, les gestionnaires de la morgue ont refusé l’entrée du dixième corps, déplore Me Gentil Kaliki, responsable de la fondation qui porte son nom et qui est spécialisée dans les actions caritatives à Butembo et ses environs. « Il y avait déjà neuf corps à la morgue de Kitatumba. Quand nous voulions amener le dixième corps, les gardiens de la morgue n’ont pas pu prendre ce corps car il n’y avait plus d’espace. Nous avons donc été obligés d’amener ce corps à la morgue de FEPSI. Ainsi, au total, il y avait dix corps de prisonniers décédés en l’espace de moins de deux semaines. »

Pour Me Mwangaza Patient de l’ONG Juristes Engagés pour la Défense de l’Homme (JEDHO), cette situation illustre la mauvaise gestion de la prison de Kakwangura par l’hôtel de ville, conséquence de la catastrophe vécue depuis plusieurs jours dans cette maison carcérale.

« Cette prison a été construite pour accueillir environ 250 personnes et aujourd’hui, elle en héberge environ 1100. Vous pouvez donc comprendre que les gens doivent parfois dormir debout, tandis que d’autres n’ont même pas assez d’espace pour se tenir debout, ce qui constitue une situation anormale en matière de bonne gouvernance et surtout de gestion carcérale. Par rapport à la bonne gouvernance et surtout à la gestion de la prison. Parce qu’à Kakwangura, vous allez constater qu’il y a des gens qui sont là ; ils sont incarcérés seulement pour des faits bénins ; et si on pouvait chaque fois faire la visite de la prison chaque jour, ces cas bénins, on pouvait les instruire vite là et libérer ces gens-là qui sont détenus pour des cas bénins », estime ce défenseur des droits de l’homme.

La Fondation Gentil Kaliki appuie la mairie de Butembo dans l’évacuation des corps de la prison vers la morgue si le détenu est mort en détention et/ou de la morgue vers le lieu d’enterrement, et ce, avec le consentement de la famille de l’infortuné si la personne est identifiée.

Jackson SIVULYAMWENGE

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