Societé

Butembo : Des membres de la communauté Masaï rapatriés au poste frontalier de Kasindi après vérification de leur séjour

Accusés à tort d’agir comme agents au service de l’ennemi de la République, plusieurs membres de la communauté Masaï, de nationalité kenyane et tanzanienne, qui séjournaient en ville de Butembo, ont été reconduits au poste frontalier de Kasindi, en territoire de Beni. Cette décision a été prise par les services de défense, de sécurité et de migration afin de prévenir tout risque d’attaques à leur encontre, et ce malgré l’absence de preuves de culpabilité, contrairement aux informations largement diffusées sur les réseaux sociaux.

Selon les services de migration, ces personnes étaient entrées régulièrement sur le territoire congolais par le poste frontalier Kasindi-Luvirihya, avec pour motif déclaré le commerce ambulant de babouches. « Ils exercent cette activité dans plusieurs villes de la région et n’ont jamais été victimes d’attaques », précise une source sécuritaire.

L’arrivée de ces Masaï à Butembo a toutefois déclenché une vague de messages sur les réseaux sociaux, les présentant comme des espions au service d’un ennemi extérieur. Ces publications, jugées potentiellement dangereuses pour l’ordre public, ont conduit les autorités à intervenir.

Les concernés ont été conduits au camp militaire de Rughenda pour des auditions. Il en est ressorti que leur séjour était régulier et qu’aucun indice n’établissait leur complicité avec des ennemis de l’État. Afin de prévenir tout incident, les services de sécurité ont alors décidé de les reconduire au poste frontalier de Kasindi. À ce jour, aucun membre de cette communauté, issu de ce groupe, ne séjourne plus à Butembo.

Les Masaï appartiennent au groupe des sociétés nilotiques et constituent une population d’éleveurs semi-nomades d’Afrique de l’Est. Originaires du Sud-Soudan, ils ont migré dès le XVe siècle vers les régions actuelles du centre et sud-ouest du Kenya et du nord de la Tanzanie.

Jackson Sivulyamwenge

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